Le nombre de représentants américains appuyant le classement du Front Polisario comme organisation terroriste continue de croître au Congrès des États-Unis. Lundi 27 avril, le représentant républicain Tim Moore, élu de Caroline du Nord, a officiellement rejoint l’initiative législative intitulée « Polisario Front Terrorist Designation Act ». Ce ralliement porte à treize le nombre total d’élus associés à ce texte à la Chambre des représentants.
Une initiative bipartisane en cours depuis juin 2025
Le texte a été introduit en juin 2025 par le républicain Joe Wilson, avec le soutien du démocrate Jimmy Panetta. Tim Moore, avocat de formation, représente depuis 2025 le 14e district de Caroline du Nord. Avant son entrée au Congrès fédéral, il a présidé pendant dix ans la Chambre des représentants de son État. Son adhésion marque une accélération notable du soutien à ce projet de loi après une période de relative stabilité entre septembre et décembre 2025.
Depuis février, plusieurs élus républicains ont successivement rejoint l’initiative, notamment Don Bacon, Claudia Tenney, Elise Stefanik et Maria Elvira Salazar. Cette dynamique donne davantage de visibilité à la proposition au sein de la Chambre.
Des accusations de liens avec l’Iran et le Hezbollah
Le texte législatif affirme que le Front Polisario entretient des liens « idéologiques et opérationnels » avec l’Iran depuis les années 1980. Il cite des formations assurées en 2018 par des membres du Hezbollah dans les camps de Tindouf, ainsi que des déclarations attribuées à Omar Mansour concernant l’entraînement de combattants du Polisario à l’utilisation de drones armés. Le document mentionne également un article du Washington Post publié en avril 2025 évoquant une assistance iranienne en matière de drones, ainsi que la participation de représentants de la branche syrienne du PKK, organisation classée terroriste par Washington, à une rencontre organisée en janvier 2025 dans les camps de Tindouf.
Des mesures concrètes prévues par le texte
Au-delà des accusations, le projet de loi prévoit des dispositions précises. Il accorde 180 jours au secrétaire d’État américain pour remettre au Congrès un rapport détaillé sur la direction du Polisario, ses opérations militaires et ses soutiens étrangers. Il impose également une évaluation formelle de ses liens présumés avec l’Iran, la Russie, le Hezbollah, les Gardiens de la révolution iraniens et le PKK. Dans un délai de 90 jours après son adoption, le Département d’État et le Trésor américain devraient déterminer si le Polisario remplit les critères permettant son classement comme organisation terroriste étrangère et l’imposition de sanctions financières.
Un texte similaire progresse au Sénat
Parallèlement à la Chambre des représentants, une initiative comparable avance au Sénat américain. Le 13 mars dernier, le sénateur Ted Cruz, accompagné de Tom Cotton et Rick Scott, a déposé le « Polisario Front Terrorist Designation Act of 2026 ». Ce texte prévoit un mécanisme plus direct : si une coopération du Polisario avec l’Iran est établie dans des domaines tels que les drones, les systèmes d’armes, les opérations militaires ou le renseignement, le secrétaire d’État serait tenu d’engager formellement le processus de désignation du groupe comme organisation terroriste étrangère.
L’évolution de ces initiatives législatives est suivie de près par les observateurs, tant au Maroc qu’à l’international, alors que la question du Sahara occidental reste au cœur des préoccupations diplomatiques dans la région.
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