Conférence des Sénats d’Afrique à Rabat : les Chambres hautes, piliers de la démocratie et de la stabilité

Conférence des Sénats d’Afrique à Rabat : les Chambres hautes, piliers de la démocratie et de la stabilité

Les travaux de la Conférence de l’Association des Sénats d’Afrique se sont ouverts, mercredi à Rabat, avec pour thème central le rôle des Sénats et Chambres hautes dans le renforcement de la démocratie, de la stabilité et de la paix sur le continent.

La présidente de l’Association, Kandia Kamissoko Camara, également présidente du Sénat de Côte d’Ivoire, a souligné le rôle central de ces institutions dans la stabilité et la gouvernance des pays. Elle a indiqué qu’elles jouent un rôle dans la prévention des tensions institutionnelles et la proposition de solutions consensuelles face aux défis sociétaux.

Ces conseils constituent, selon ses propos, un facteur de stabilité institutionnelle et de médiation démocratique. Ils contribueraient ainsi à la préservation de la paix et au renforcement de la confiance entre les citoyens et les institutions publiques.

Un rôle essentiel dans un contexte de mutations

La responsable ivoirienne a rappelé que les institutions parlementaires, notamment leurs chambres hautes, sont appelées à jouer un rôle essentiel dans un contexte international marqué par de profondes mutations politiques, économiques et sécuritaires.

Elle a estimé que ces institutions renforcent les espaces de réflexion, de sagesse et d’équilibre. Elles contribueraient à améliorer la qualité des législations et à consacrer l’État de droit, tout en étant des espaces privilégiés de concertation politique du fait de leur implication dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques.

Face aux défis sécuritaires et aux aspirations des peuples

Kandia Kamissoko Camara a également pointé les difficultés sécuritaires du continent. Elle a déclaré que l’Afrique fait face à de graves difficultés engageant la responsabilité de l’ensemble de ses institutions.

Dans de nombreuses régions, les défis sécuritaires, les conflits persistants et les menaces liées à l’extrémisme violent accentueraient la fragilité et la vulnérabilité de la stabilité des États. Parallèlement, elle a relevé que les aspirations légitimes des peuples à une gouvernance plus transparente, inclusive et efficace exigent un renforcement continu des institutions démocratiques.

L’engagement du Maroc mis en avant

De son côté, le président de la Chambre des conseillers du Maroc, Mohamed Ould Errachid, a mis l’accent sur le rôle des institutions dans la coopération africaine et le développement du continent. Il a rappelé l’engagement du Maroc, sous la conduite du Roi Mohammed VI, pour la consécration d’un modèle africain combinant paix et développement.

Il a estimé que cette rencontre intervenait alors que l’action de l’Association tend vers une plus grande régularité et un rapprochement entre les Chambres hautes africaines. Cette dynamique s’inscrirait dans le prolongement de l’engagement du Maroc à soutenir l’action africaine commune et à promouvoir la solidarité et l’intégration entre les peuples du continent.

Concernant les actions du Maroc, Ould Errachid a cité la cinquantaine de visites du Roi Mohammed VI dans des pays africains, la centaine de conventions stratégiques signées, ainsi que les initiatives renouvelées en faveur d’une coopération Sud-Sud basée sur l’investissement productif, le transfert d’expertise et la création de partenariats d’égal à égal.

Une large représentativité au service de la stabilité

Le président de la Chambre des conseillers a rejoint l’analyse de la présidente de l’association en soulignant que les Parlements bénéficient d’une large représentativité. Celle-ci permettrait l’intégration des dimensions territoriale, sociale, économique et professionnelle dans le débat public, afin de renforcer la stabilité et la cohésion des sociétés.

« Si ces rôles confèrent aux Sénats et aux Chambres hautes une place prépondérante dans l’édifice constitutionnel et institutionnel, c’est parce qu’ils sont, au fond, liés à des enjeux plus larges qui se rapportent à la consolidation de la démocratie et la mise en place des conditions politiques et institutionnelles nécessaires pour le développement et la paix », a-t-il déclaré.

Il a conclu en exprimant le souhait que cette Conférence marque une étape importante dans le parcours de l’Association. Cette importance reposerait notamment sur la Déclaration de Rabat, qui synthétisera les résultats des échanges sur le rôle des Chambres hautes, ainsi que sur les recommandations pratiques issues du partage d’expériences et de bonnes pratiques parlementaires.

Les travaux de la conférence se poursuivent à Rabat, avec l’élaboration attendue de la Déclaration de Rabat et de recommandations concrètes destinées à guider l’action future des chambres hautes africaines en matière de consolidation démocratique et de préservation de la paix.

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