Le Mali retire sa reconnaissance de la pseudo « rasd » et soutient le plan d’autonomie marocain

Le Mali retire sa reconnaissance de la pseudo « rasd » et soutient le plan d’autonomie marocain

Le gouvernement malien a annoncé, ce vendredi 10 avril, le retrait officiel de sa reconnaissance de la pseudo « rasd ». Cette décision a été rendue publique dans une déclaration officielle émise depuis Koulouba, le siège de la présidence à Bamako.

Les autorités maliennes ont justifié ce choix par les impératifs de « paix et de sécurité sous-régionales ». Dans leur déclaration, elles ont exprimé leur soutien au plan d’autonomie proposé par le Maroc pour le Sahara, le qualifiant de « seule base sérieuse et crédible » pour un règlement définitif du différend.

Le document officiel souligne également la solidité des relations bilatérales entre le Maroc et le Mali, évoquant une coopération qualifiée de « stratégique ». Une prochaine session de la commission mixte entre les deux pays est annoncée à Bamako avant la fin de l’année.

Un tournant historique après quatre décennies

Cette décision met fin à une position diplomatique héritée des années 1980, sous la présidence de Moussa Traoré. Pour Mohamed Badine El Yattioui, professeur d’études stratégiques au Collège de Défense des Émirats arabes unis, il s’agit d’un « événement historique ».

Dans une déclaration, l’expert a rappelé que le président Ibrahim Boubacar Keïta avait déjà envisagé un tel retournement, mais avait été freiné par des pressions internes et régionales. Il a également indiqué que cette décision confirme une tendance initiée il y a plusieurs années, accélérée par la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara et la résolution d’octobre 2025 du Conseil de sécurité.

Une décision aux implications régionales

Azeddine Hannoun, professeur de droit public à l’Université Ibn Tofaïl, a souligné la portée multidimensionnelle de cette annonce. Il a expliqué qu’elle intervient dans un contexte sahélien marqué par une recomposition des alliances et une redéfinition des équilibres régionaux.

« Le Mali n’est pas un acteur périphérique : il constitue un pivot stratégique au cœur de la bande sahélienne », a-t-il déclaré. Pour lui, ce retrait traduit une évolution politique interne vers une lecture plus pragmatique des dossiers régionaux, liée aux enjeux sécuritaires du pays.

Le professeur Hannoun a également estimé que cette décision s’inscrit dans une dynamique plus large d’érosion progressive des reconnaissances de la pseudo « rasd ». Elle renforce, selon lui, une tendance où plusieurs États réévaluent leur position face aux réalités géopolitiques actuelles et à la centralité croissante du Maroc en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

Consolidation des relations bilatérales

Mohamed Badine El Yattioui a rappelé que les relations entre le Maroc et le Mali se sont fortement développées ces dernières années. La coopération économique a progressé, notamment dans les secteurs bancaire et des communications, tandis qu’une coopération militaire importante s’est mise en place, avec la formation de nombreux cadres maliens au Maroc.

Il estime que la décision de Bamako s’inscrit dans une logique de renforcement de ces relations bilatérales et pourrait ouvrir la voie à davantage de coopération dans plusieurs domaines. Cette évolution pourrait également avoir des répercussions sur les relations déjà complexes entre le Mali et l’Algérie, marquées par des tensions récentes.

Pour Azeddine Hannoun, le rapprochement avec le Maroc s’inscrit dans une logique de coopération Sud-Sud structurée, en matière de formation, d’investissement et de développement. Il contribue à consolider un axe Rabat–Bamako dans un environnement régional en mutation.

La prochaine session de la commission mixte maroco-malienne, prévue à Bamako avant la fin de l’année, constituera la première étape concrète de cette nouvelle phase de coopération. Les discussions devraient porter sur les modalités de renforcement du partenariat stratégique entre les deux pays, dans le cadre défini par la déclaration officielle du 10 avril.

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