Le Caire a réaffirmé, en début de semaine, son soutien à l’intégrité territoriale du Maroc et à la récente résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies sur le Sahara marocain. Cette position a été exprimée en marge de la première session du Comité de coordination et de suivi au niveau des chefs de gouvernement des deux pays, tenue cette semaine.
Cette déclaration consolide le soutien arabe à l’unité du Royaume et à sa souveraineté sur ses provinces du Sud. Elle intervient dans un contexte de renforcement des dynamiques diplomatiques régionales autour de ce dossier.
Un repositionnement stratégique
Le chercheur en affaires stratégiques, Hicham Moataded, a analysé cette évolution. Dans une déclaration à Hespress, il a estimé que le soutien égyptien reflète un changement qualitatif dans la structure politique arabe vis-à-vis du dossier du Sahara.
Il a précisé qu’il ne s’agit plus de positions diplomatiques conjoncturelles, mais d’un repositionnement stratégique au sein du système régional arabe. Le Caire, en tant qu’État central de ce système, agirait selon des calculs d’équilibres régionaux qui privilégient la stabilité des États-nations.
Moataded a souligné que cet environnement géopolitique arabe a changé. La priorité serait désormais de faire face aux menaces transfrontalières, comme le terrorisme ou la vulnérabilité économique.
Les piliers d’un consensus arabe
Selon le même expert, un consensus arabe non déclaré se reproduirait, reposant sur trois piliers fondamentaux. Le premier est le soutien à l’unité des États. Le second est le rejet du démembrement des entités nationales. Le troisième est la primauté des solutions politiques réalistes.
Dans ce panorama, la position de l’Algérie, qui soutient la thèse séparatiste du Front Polisario, deviendrait un cas isolé. Elle s’opposerait à ces trois piliers, selon l’analyse présentée.
Cette posture placerait l’Algérie dans une position de confrontation avec les dynamiques de consensus régional, au lieu de s’y intégrer.
Les conséquences d’un isolement
Le chercheur a énuméré les coûts d’une persistance dans ce positionnement. Il a évoqué un coût diplomatique, représenté par une érosion de la capacité à forger des alliances au sein de l’espace arabe.
Un coût économique indirect en résulterait également, du fait de l’entrave aux opportunités d’intégration régionale. La stabilité politique est en effet requise dans le contexte des mutations des chaînes d’approvisionnement.
Enfin, un coût sécuritaire est mentionné. Le maintien d’un conflit ouvert créerait des vides susceptibles d’être exploités par des réseaux irréguliers dans la région sahélo-saharienne.
Légitimité arabe pour l’autonomie
En contrepoint, l’analyste a fait remarquer que le Maroc réussirait à exploiter ce changement en sa faveur. Il consoliderait la proposition d’autonomie comme option centrale de l’agenda international.
Cette proposition bénéficierait non seulement d’un soutien occidental, mais aussi d’une légitimité arabe croissante. Rabat évoluerait ainsi dans une logique d’adaptation stratégique.
À l’inverse, l’Algérie resterait prisonnière d’une approche qualifiée de rigide. Le coût de la poursuite de cette voie serait susceptible d’augmenter avec le renforcement des dynamiques de consensus.
Le poids géopolitique de l’Égypte
Le chercheur en relations internationales, Jaouad El Kasmi, a apporté un éclairage complémentaire. Il a confié que le soutien égyptien explicite ne peut être lu indépendamment du poids géopolitique de cet État.
L’Égypte est considérée comme l’un des piliers fondamentaux du système régional arabe. Sa position actuelle contraste avec une certaine ambiguïté qui caractérisait sa posture dans le passé, selon l’expert.
Ce soutien porterait des messages clairs, notamment le rejet de toute entité séparatiste menaçant l’État-nation. Il signifierait également un alignement manifeste avec les principes de souveraineté et d’intégrité territoriale.
La prochaine étape attendue est le suivi des implications concrètes de ce repositionnement égyptien dans les instances arabes et internationales. Les interactions diplomatiques lors des prochaines réunions de la Ligue arabe seront observées pour mesurer la consolidation de cette tendance.
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