Les Archives du Maroc ont présenté, ce mercredi à Rabat, une nouvelle feuille de route stratégique visant à moderniser et unifier la gouvernance des archives nationales. Cette initiative, annoncée lors d’une conférence présidée par la ministre de la Culture, vise à transformer la gestion des documents historiques et administratifs en un levier stratégique pour l’État.
L’institution nationale a détaillé un plan d’action structuré autour de plusieurs axes prioritaires. Le premier concerne la finalisation du cadre juridique, avec l’élaboration d’un projet de loi organique sur les archives, actuellement en cours d’examen par les instances gouvernementales compétentes.
Un cadre juridique renforcé
Ce texte législatif a pour objectif de combler les lacunes de la loi actuelle, datant de 2007. Il vise à clarifier les responsabilités entre les différents acteurs, à définir des normes de conservation uniformes et à encadrer les délais de communicabilité des documents, notamment ceux sensibles liés à la sécurité nationale.
La nouvelle approche considère les archives non plus comme un simple patrimoine à préserver, mais comme un outil essentiel de transparence administrative et de bonne gouvernance. Elles sont également présentées comme une source fondamentale pour la valorisation de la mémoire collective nationale.
Modernisation des infrastructures et des processus
Le deuxième axe majeur de cette feuille de route porte sur la modernisation technique et infrastructurelle. Les Archives du Maroc prévoient le développement d’un système d’information archivistique intégré, destiné à relier les différents dépôts à travers le royaume.
Ce projet inclut la numérisation accélérée des fonds, la formation spécialisée des personnels et l’adaptation des bâtiments aux normes internationales de conservation. L’accent est mis sur la préservation des documents les plus anciens et les plus fragiles, menacés par l’usure du temps.
Coordination nationale et enjeux de décentralisation
Un des défis centraux identifiés est la fragmentation actuelle de la gestion archivistique entre de multiples institutions ministérielles, locales et établissements publics. La nouvelle stratégie promeut une coordination renforcée sous l’égide des Archives du Maroc, qui jouerait un rôle de pilotage et de normalisation.
Cette démarche s’inscrit également dans le contexte de la régionalisation avancée. Elle prévoit un appui technique aux régions pour qu’elles puissent gérer et valoriser leurs propres archives locales, dans le respect des standards nationaux.
Accessibilité et valorisation de la mémoire
Au delà de la préservation, la feuille de route insiste sur l’impératif de rendre les archives accessibles aux chercheurs, aux citoyens et aux institutions. Cela passe par l’amélioration des instruments de recherche, la mise en ligne de fonds numérisés et l’organisation d’expositions et de publications scientifiques.
L’objectif est de faire des archives une ressource vivante, contribuant à la recherche historique, à l’éducation et à la consolidation de l’identité nationale. Cette dimension est considérée comme complémentaire à leur rôle dans la rationalisation de l’administration et la redevabilité de l’État.
La mise en œuvre de cette stratégie s’étalera sur plusieurs années. Les prochaines étapes immédiates concernent l’adoption du projet de loi organique et le lancement des premiers appels d’offres pour les équipements de numérisation et de conservation. Un comité de suivi, associant différentes parties prenantes, sera mis en place pour évaluer régulièrement l’avancement des travaux.
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