La transformation numérique des pratiques financières informelles, notamment la daret, a été au centre d’une discussion lors de l’émission « 12 Minutes Chrono ». Des représentants de Wafacash et de Money Fellows, deux acteurs du secteur financier, ont présenté leur vision et les défis de cette modernisation.
Saloua Bolaachoub, responsable marketing et innovation chez Wafacash, a souligné que l’enjeu dépasse la seule question technologique. « Si on prend un peu de recul, il ne s’agit pas uniquement de numériser un processus existant », a-t-elle déclaré. Elle a insisté sur la nécessité de comprendre les comportements sociaux et les besoins spécifiques des utilisateurs pour concevoir des solutions adaptées.
Les motivations derrière la numérisation
La digitalisation de la daret répond à plusieurs objectifs. Elle vise à offrir plus de sécurité et de traçabilité aux participants, en réduisant les risques liés à la gestion d’espèces. Elle permet également d’intégrer cette pratique financière profondément ancrée dans la culture marocaine à l’écosystème économique formel.
Pour les entreprises du secteur, il s’agit de proposer des services qui correspondent aux habitudes d’une population de plus en plus connectée, tout en respectant les principes de confiance et de communauté inhérents à la daret traditionnelle.
Défis et considérations
L’adoption de solutions numériques pour la daret se heurte à des défis significatifs. La confiance, élément central dans les cercles de daret, doit être transposée dans un environnement digital. Les questions d’accessibilité pour les populations moins familiarisées avec les nouvelles technologies et d’inclusion financière sont également primordiales.
Les intervenants ont noté que le succès de cette transition dépendra de la capacité des plateformes à garantir simplicité d’utilisation, transparence totale sur les frais et les règles, et une protection robuste des données personnelles des utilisateurs.
Impact sur le paysage financier marocain
La formalisation numérique de la daret pourrait avoir un impact notable sur l’économie. Elle pourrait faciliter l’accès au microcrédit et à l’épargne pour une partie de la population, tout en générant des données utiles pour une meilleure compréhension des flux financiers informels.
Cette évolution s’inscrit dans un mouvement plus large de modernisation des services financiers au Maroc, encouragé par les autorités de régulation qui cherchent à équilibrer innovation et protection des consommateurs.
La prochaine étape pour les acteurs du marché consistera à poursuivre le développement et le test de ces solutions digitales, tout en menant des campagnes de sensibilisation pour en expliquer le fonctionnement et les avantages. Le régulateur, Bank Al-Maghrib, est attendu sur des lignes directrices concernant ce type de services financiers innovants, ce qui devrait clarifier le cadre légal et accélérer, ou au contraire encadrer, le déploiement de ces plateformes dans les mois à venir.
Commentaires (0)
Laissez votre commentaire