Selon un rapport du site spécialisé espagnol Defensa, des hélicoptères de combat algériens auraient survolé l’espace aérien marocain le 11 avril dernier. L’incursion, qui n’a pas été officiellement confirmée par les autorités des deux pays, aurait eu lieu près de la frontière dans la région de Figuig, dans l’est du Maroc.
Le site, qui se base sur des images et des témoignages d’habitants locaux, identifie les appareils comme étant des hélicoptères d’attaque Mi-28NE de fabrication russe. Ces survols se seraient produits plus précisément au-dessus du quartier de Baghdad, au sud de la ville de Figuig.
Contexte des tensions frontalières
Cet incident présumé intervient dans un contexte de relations tendues entre le Maroc et l’Algérie. Les deux pays ont fermé leur frontière commune en 1994. L’Algérie a ensuite rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc en août 2021.
La zone frontalière près de Figuig est régulièrement le théâtre de frictions. En février dernier, pendant le mois de ramadan, des informations avaient fait état d’une incursion de militaires algériens sur le territoire marocain près du village d’Ich. Selon ces rapports, des officiers algériens seraient restés une vingtaine de minutes en territoire marocain.
Identification des appareils et analyse
Les témoignages et les photographies recueillis par Defensa auraient permis d’identifier le type d’hélicoptères. Le Mi-28NE est un appareil d’attaque dédié aux missions de combat. L’armée algérienne en possède 42 exemplaires, selon les informations du site spécialisé.
La présence de ces appareils spécifiques, qui ne font pas partie de l’arsenal des Forces armées royales marocaines (FAR), a été un élément clé dans l’identification de leur origine présumée. Defensa estime que, si elle est confirmée, cette incursion constituerait l’une des provocations les plus importantes de ces dernières années.
Arrière-plan régional
Ces développements surviennent dans un contexte régional marqué par la question du Sahara. Defensa rappelle que l’Algérie apporte un soutien politique, militaire et matériel au Front Polisario depuis 1975. Le site note que l’Algérie et le Polisario se retrouvent sous pression pour discuter de l’Initiative marocaine d’autonomie pour le Sahara, après des décennies d’impasse.
Parallèlement, des observateurs notent d’autres mouvements militaires près de la frontière, notamment la construction de bunkers du côté algérien. La rupture des relations diplomatiques, couplée à ces activités, alimente les analyses sur une possible escalade des tensions.
Pour Defensa, les mouvements algériens viseraient à tester les réactions du voisin marocain tout en restant en deçà d’un seuil de conflit ouvert. Le site qualifie cette approche de guerre psychologique.
À ce jour, aucune déclaration officielle n’a été émise par les gouvernements marocain ou algérien pour confirmer ou infirmer les allégations de survol. Les ministères de la Défense des deux pays n’ont pas commenté ces informations rapportées par la presse spécialisée.
La situation reste donc non vérifiée officiellement. Les prochains jours pourraient apporter des clarifications, soit par le biais de démentis ou de confirmations des autorités concernées, soit par la publication d’autres éléments par des sources ouvertes. La surveillance de la frontière par les deux parties devrait se poursuivre dans ce climat de méfiance persistante.
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