Meknès, Maroc – La 18ᵉ édition du Salon international de l’agriculture, qui s’est tenue à Meknès, a mis en lumière l’intérêt croissant des éleveurs marocains pour la race ovine « Mérinos Précoce », d’origine française. Présentée au pavillon de la production animale, cette race suscite l’attention en raison de ses caractéristiques favorables à la production de viande et aux programmes de croisement.
Une adaptation réussie au climat marocain
Selon les explications de Youssef Jiraoui, éleveur dans le bassin du Loukkos, la race Mérinos Précoce, bien que française d’origine, est devenue locale après plusieurs décennies d’implantation au Maroc. Elle s’est adaptée aux conditions climatiques du pays et se distingue par une forte immunité ainsi qu’une grande capacité à paître aussi bien dans des pâturages ouverts qu’en enclos.
Jiraoui précise que cette race est présente dans plusieurs régions du Maroc, notamment l’Atlas, le Haouz et le Loukkos. Son tempérament calme, hérité de longues années de sélection, facilite la gestion du troupeau lors de l’alimentation, des déplacements et des soins vétérinaires, réduisant ainsi les problèmes sanitaires.
Des performances zootechniques remarquables
Le poids d’un agneau Mérinos Précoce peut atteindre 40 à 45 kilogrammes en seulement trois mois après sa naissance, souligne Youssef Jiraoui. Cette croissance rapide en fait une race prisée pour la production de viande. Les professionnels marocains l’utilisent soit en race pure, soit en croisement avec des brebis locales comme la Sardi ou la Bergui, afin d’améliorer la productivité et de combler le déficit en ovins destinés à l’abattage.
Jiraoui note que cette race a joué un rôle essentiel dans la résilience de la production ovine marocaine et dans l’approvisionnement du marché national en viande durant les dernières années difficiles. Il précise qu’elle n’a pas de lien génétique direct avec la race Mérinos importée d’Espagne deux ans auparavant pour l’Aïd al-Adha.
Un équilibre nécessaire entre races locales et importées
Le succès de cette orientation dépend toutefois de plusieurs facteurs, selon Jiraoui : des conditions d’élevage adéquates, une alimentation équilibrée et un accompagnement continu des éleveurs. Il insiste sur l’importance de préserver un équilibre entre les races locales et celles d’origine étrangère, afin d’éviter tout impact sur la biodiversité et la capacité d’adaptation aux spécificités environnementales du Maroc.
Le prix de certains mâles reproducteurs de cette race dépasse les 10 000 dirhams, en raison de leurs caractéristiques spécifiques et de leur productivité en viande et en laine.
Une notoriété encore limitée
Malgré ses avantages, la race Mérinos Précoce reste moins connue que les races locales comme la Sardi, observe Jiraoui. Cependant, elle a attiré l’attention des visiteurs du Salon international de l’agriculture de Meknès cette année, témoignant d’un intérêt croissant parmi les éleveurs marocains.
L’avenir de cette filière dépendra de la capacité des acteurs à maintenir des conditions d’élevage optimales et à intégrer durablement cette race dans les systèmes de production nationaux, sans compromettre la diversité génétique locale.
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