Entrepreneuriat social : un diagnostic national pour structurer le secteur au Maroc

Entrepreneuriat social : un diagnostic national pour structurer le secteur au Maroc

Un diagnostic national de l’entrepreneuriat social est en cours d’élaboration au Maroc, visant à doter le secteur d’un cadre structuré et opérationnel. Lancé sous l’égide de la coopération allemande, via l’Agence de coopération allemande (GIZ), ce projet s’inscrit dans les efforts de développement de l’économie sociale et solidaire (ESS) dans le Royaume.

Un outil de planification stratégique

Ce diagnostic national a pour objectif principal de cartographier les acteurs, les initiatives et les besoins de l’entrepreneuriat social marocain. Il permettra d’identifier les forces, les faiblesses, les opportunités et les menaces du secteur. Les résultats serviront de base à l’élaboration d’une stratégie nationale et d’un cadre juridique cohérent.

Le projet est mené en partenariat avec le ministère du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, ainsi qu’avec d’autres institutions publiques concernées. La GIZ fournit une assistance technique et un appui financier pour la réalisation de cette étude approfondie.

Un secteur en pleine croissance

L’entrepreneuriat social connaît un essor notable au Maroc, porté par une jeunesse dynamique et des initiatives locales innovantes. Cependant, le secteur reste fragmenté et manque de repères clairs en matière de financement, d’accompagnement et de reconnaissance juridique. Ce diagnostic ambitionne de combler ces lacunes en proposant des recommandations concrètes.

Les premières données collectées indiquent une diversité de modèles économiques, allant des coopératives agricoles aux start-up technologiques à impact social. Le diagnostic devrait également révéler le potentiel de création d’emplois et de réduction des inégalités territoriales que recèle ce secteur.

Un processus participatif

La démarche adoptée repose sur une large consultation des parties prenantes. Des ateliers régionaux et des entretiens avec des entrepreneurs sociaux, des investisseurs et des représentants de la société civile sont organisés. Cette approche participative vise à garantir que le cadre futur réponde aux réalités du terrain.

Les experts de la GIZ soulignent l’importance de bâtir un écosystème favorable, incluant des dispositifs de financement adaptés, des programmes de formation et un accompagnement personnalisé. Le diagnostic doit également clarifier les critères de définition de l’entreprise sociale, un préalable indispensable à toute régulation.

Une étape vers une loi cadre

Ce travail préparatoire ouvre la voie à l’élaboration d’une loi cadre sur l’entrepreneuriat social, dont le projet est attendu dans les prochains mois. Le législateur s’appuiera sur les conclusions du diagnostic pour concevoir un texte équilibré, favorisant l’innovation tout en assurant la transparence et la viabilité des projets.

Plusieurs pays de la région, comme la Tunisie et le Sénégal, ont déjà adopté des législations spécifiques sur l’ESS, inspirant l’approche marocaine. Le Maroc souhaite toutefois adapter son modèle à ses spécificités culturelles et économiques.

La finalisation du diagnostic est prévue pour la fin de l’année en cours. Les résultats seront rendus publics lors d’un forum national dédié à l’économie sociale et solidaire, qui se tiendra à Rabat. Ce rendez-vous permettra de présenter les grandes orientations et de recueillir les derniers retours avant la rédaction du projet de loi.

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