Nations Unies : Le Maroc dénonce l’utilisation des voies maritimes comme armes de pression

Nations Unies : Le Maroc dénonce l’utilisation des voies maritimes comme armes de pression

New York, 22 avril 2025 – Lors d’un débat ouvert de haut niveau sur la sécurité maritime au Conseil de sécurité des Nations Unies, l’ambassadeur représentant permanent du Maroc, Omar Hilale, a fermement dénoncé l’instrumentalisation des détroits et des voies maritimes comme outils de pression et de chantage. Cette intervention s’est déroulée sous la présidence du ministre bahreïni des Affaires étrangères, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil pour le mois d’avril.

Menaces sur le détroit d’Ormuz et libertés de navigation

Dans son allocution, M. Hilale s’est insurgé contre les menaces voilées de fermeture du détroit d’Ormuz, qualifié d’« artère vitale » pour l’approvisionnement énergétique mondial. Il a jugé la situation actuelle « profondément préoccupante » et a souligné qu’aucun État, quelles que soient ses prétentions à la légitimité, n’a le droit de prendre le monde en otage par le contrôle de ces passages stratégiques.

« Les mers sont un patrimoine commun à toute l’humanité, et non des cartes de chantage entre les mains de ceux qui ont érigé l’hostilité en doctrine politique depuis des décennies », a-t-il déclaré devant les membres du Conseil.

Condamnation des attaques en mer d’Arabie, golfe d’Aden et mer Rouge

L’ambassadeur a également condamné avec la plus grande fermeté les attaques perpétrées en mer d’Arabie, dans le golfe d’Aden et en mer Rouge par des groupes armés agissant pour le compte de certains États. Il a qualifié ces actes de violations flagrantes du droit international et de la Charte des Nations Unies, affirmant que le Maroc dénonce vigoureusement ces attaques odieuses contre des navires commerciaux, lesquelles ne sauraient être justifiées par aucune logique politique ou idéologique.

M. Hilale a appelé la communauté internationale à assumer sa « responsabilité historique ». Selon lui, il est inacceptable de laisser la géographie devenir l’otage de l’idéologie et les voies maritimes se transformer en armes entre les mains de pays qui, depuis des décennies, font de la déstabilisation, de l’ingérence et du soutien aux milices armées une politique régionale, ignorant leurs obligations internationales et les appels de la communauté internationale.

La sécurité maritime, pilier essentiel de la paix internationale

Le diplomate a souligné que la sécurité maritime n’est plus une question secondaire, mais un pilier essentiel de l’architecture de la paix et de la sécurité internationales. Il a rappelé que plus de 90 % du commerce mondial transite par les mers et océans, et que toute atteinte à la liberté de navigation ou à la sécurité des détroits constitue une « attaque directe contre les économies des peuples et leurs moyens de subsistance ».

La position du Maroc, pays géostratégique

L’ambassadeur a rappelé la situation géographique exceptionnelle du Maroc, au carrefour de l’Afrique et de l’Europe, sur les rives du détroit de Gibraltar, l’un des points de passage maritimes les plus stratégiques au monde. Pour le Royaume, a-t-il affirmé, la liberté de navigation n’est pas un simple choix diplomatique, mais une obligation légale et un engagement existentiel dicté par la géographie, l’histoire et la préservation d’une prospérité partagée.

Il a réaffirmé l’attachement ferme et continu du Royaume aux principes du droit international de la mer, mettant en avant sa contribution concrète et effective au maintien de la sécurité maritime régionale et internationale. Cette implication se traduit par sa participation aux systèmes de coopération maritime et par la lutte contre la contrebande le long de ses côtes et de celles de ses partenaires.

L’Initiative Royale Atlantique et le Processus des États africains atlantiques

Dans ce cadre, M. Hilale a rappelé l’élan considérable insufflé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI à travers l’Initiative Royale Atlantique, qui ouvre l’accès à l’océan Atlantique aux pays du Sahel. Cette initiative incarne, selon lui, l’esprit de solidarité, d’intégration économique et de développement partagé, transformant la géographie d’un obstacle en une opportunité au service des populations de la région.

Il a également mis en lumière le Processus des États africains atlantiques, qui réunit plus de vingt États côtiers du littoral atlantique africain. Ce cadre novateur érige la sécurité maritime en pilier fondamental de la coopération, renforçant la coordination entre les États membres dans les domaines de la surveillance maritime, de la lutte contre la criminalité transnationale et de la protection des ressources marines partagées. Grâce à cette initiative, l’Atlantique africain se transforme d’un espace de vulnérabilité en un espace de solidarité et de sécurité partagée, offrant des perspectives de stabilité et de développement pour l’Afrique et le monde.

Appel au Conseil de sécurité

En conclusion, M. Hilale a réaffirmé l’engagement plein et entier du Royaume, aux côtés de la communauté internationale, à renforcer la sécurité des voies maritimes vitales, à préserver la liberté de navigation internationale et à protéger le droit international de la mer contre toute violation. Il a exhorté le Conseil de sécurité à adopter les positions claires qu’exige la situation actuelle, avertissant que « ce qui menace nos mers aujourd’hui menacera notre stabilité collective demain ». Le débat au Conseil de sécurité se poursuit cette semaine, avec des consultations prévues sur les mesures concrètes à prendre pour garantir la sécurité des routes maritimes internationales.

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