Sécurité maritime : le Maroc dénonce l’utilisation des voies internationales comme moyen de pression

Sécurité maritime : le Maroc dénonce l’utilisation des voies internationales comme moyen de pression

Lors d’un débat ouvert de haut niveau sur la sécurité maritime, présidé par le ministre bahreïni des Affaires étrangères, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani, l’ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès des Nations unies, Omar Hilale, a fermement dénoncé l’instrumentalisation des voies maritimes internationales comme outil de pression et de chantage. La rencontre s’est tenue mardi au siège de l’ONU à New York, en marge de la 79e session de l’Assemblée générale.

Dans son intervention, Hilale a souligné que la liberté de navigation et la sécurité des routes maritimes constituent des biens communs de l’humanité, dont la protection incombe à la communauté internationale dans son ensemble. Il a rappelé que tout détournement de ces voies à des fins politiques ou stratégiques unilatérales constitue une violation du droit international et menace la stabilité régionale et mondiale.

Un plaidoyer pour le respect du droit international

Le diplomate marocain a insisté sur la nécessité de préserver le caractère pacifique et ouvert des mers et océans, conformément à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS). Il a mis en garde contre les pratiques qui transforment les corridors maritimes en instruments de coercition, rappelant que ces méthodes nuisent au commerce mondial et à la coopération entre États.

Hilale a également évoqué le rôle stratégique du Maroc en tant que pont entre l’Afrique, l’Europe et le monde arabe, soulignant l’engagement constant du Royaume pour la sécurité maritime. Il a cité en exemple l’initiative du corridor atlantique pour les pays sahéliens, lancée par le roi Mohammed VI, qui vise à offrir un accès maritime stable et sécurisé aux nations enclavées de la région.

Des enjeux globaux pour la région

Le débat, qui a réuni plusieurs chefs de diplomatie et experts en sécurité maritime, a mis en lumière les défis croissants liés à la piraterie, aux conflits territoriaux en mer et à l’usage détourné des routes commerciales. Les participants ont convenu de la nécessité de renforcer les mécanismes multilatéraux de gouvernance des océans et de promouvoir une coopération renforcée entre États riverains.

Le représentant marocain a salué les efforts du Bahreïn, pays président du débat, pour maintenir la question de la sécurité maritime à l’agenda international. Il a également réitéré l’appel de Rabat à une action collective fondée sur le dialogue, le respect mutuel et les règles établies par les Nations unies.

Une position constante face aux tensions

Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions accrues dans plusieurs zones maritimes stratégiques, notamment en mer Rouge, en Méditerranée orientale et dans le golfe de Guinée. Le Maroc, qui dispose d’une façade maritime importante sur l’Atlantique et la Méditerranée, se présente comme un acteur clé pour la stabilisation de ces espaces.

Selon des sources diplomatiques, la déclaration de Hilale devrait être suivie de consultations bilatérales avec plusieurs pays membres du Conseil de sécurité afin de préparer une résolution visant à condamner toute utilisation abusive des voies maritimes internationales. Aucun calendrier officiel n’a encore été annoncé, mais ces discussions pourraient aboutir à une proposition formelle lors de la prochaine session de l’Assemblée générale.

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