Le Comité directeur national de prévention et de lutte contre les incendies de forêts s'est réuni à Rabat pour dresser le bilan de la campagne 2025 et définir les grandes orientations du dispositif pour l'année 2026. Présidée par le directeur général de l'Agence nationale des Eaux et Forêts (ANEF), Abderrahim Houmy, cette réunion stratégique s'inscrit dans un contexte de vulnérabilité croissante des écosystèmes forestiers face aux aléas climatiques.
À cette occasion, Abderrahim Houmy a annoncé la mobilisation d'un budget global de 150 millions de dirhams (MDH) pour la campagne 2026. Cette enveloppe vise à soutenir un programme structuré axé à la fois sur la prévention et l'intervention rapide. Parmi les principales mesures figurent l'entretien des tranchées pare-feu, l'aménagement de points d'eau, l'ouverture et la réhabilitation des pistes forestières, ainsi que le développement de la sylviculture préventive.
Le dispositif prévoit également un renforcement des moyens humains et logistiques, en s'appuyant sur l'expérience accumulée ces dernières années et sur une meilleure compréhension des causes des départs de feu. Les autorités cherchent ainsi à anticiper les risques, notamment ceux liés à la saison estivale 2026.
Bilan de la campagne 2025 : une baisse significative des incendies
L'année 2025 a enregistré 418 incendies pour une superficie totale de 1 728 hectares, soit une baisse significative de 65 % par rapport à la moyenne décennale. Ce résultat confirme l'efficacité du dispositif national et la coordination entre les différents intervenants.
Toutefois, certaines zones restent particulièrement exposées, notamment la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, qui concentre une grande partie des départs de feu et des surfaces brûlées. Malgré ces pressions, 94 % des incendies ont été maîtrisés avant d'atteindre 5 hectares, limitant ainsi leur impact sur les écosystèmes.
Des risques accrus liés aux conditions climatiques
Les autorités mettent en garde contre une saison estivale potentiellement à haut risque. Les précipitations récentes ont favorisé la croissance d'une biomasse végétale abondante et hautement inflammable, tandis que les températures élevées, la sécheresse et les vents chauds de type « chergui » augmentent la probabilité de propagation rapide des feux.
Dans ce contexte, la stratégie nationale évolue vers une approche plus intégrée et proactive, fondée sur l'anticipation des risques et la gestion durable des ressources forestières. Le dispositif repose sur une coordination étroite entre plusieurs acteurs institutionnels, notamment le ministère de l'Intérieur, l'ANEF, la Protection civile, la Gendarmerie Royale, les Forces Armées Royales, les Forces Royales Air et les Forces auxiliaires.
Cette synergie a permis d'améliorer l'efficacité des interventions et de contenir l'impact des incendies, malgré un contexte climatique défavorable à l'échelle du bassin méditerranéen.
Sensibilisation et responsabilité citoyenne
Les autorités insistent également sur le rôle clé de la sensibilisation, la majorité des incendies étant d'origine humaine. En 2025, près de 35 000 personnes ont été touchées par des campagnes de prévention, notamment dans les établissements scolaires et les espaces forestiers.
Face aux défis à venir, l'ANEF appelle les citoyens à adopter des comportements responsables, en évitant tout usage du feu en forêt et en signalant immédiatement toute situation suspecte. La préservation des forêts marocaines représente un enjeu majeur, tant sur le plan environnemental qu'économique et social.
À l'approche de l'été 2026, les autorités misent sur une mobilisation collective et des moyens renforcés pour garantir la résilience de ces écosystèmes face aux risques croissants. Le déploiement du dispositif devrait être finalisé avant le début de la saison estivale, avec des exercices de coordination et des campagnes de sensibilisation accrus.
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