Le Canada a officiellement annoncé son soutien au plan d’autonomie proposé par le Maroc pour le Sahara, le qualifiant de « base d’une solution acceptable par les parties ». Cette déclaration a été faite mardi lors d’un entretien téléphonique entre la ministre canadienne des Affaires étrangères et son homologue marocain. Ottawa a également indiqué tirer les conclusions de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 31 octobre 2025. Cette prise de position s’inscrit dans un contexte d’évolutions rapides favorables à la thèse marocaine, marquées par une multiplication des reconnaissances de la marocanité du Sahara, des retraits de reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et une évolution notable du discours onusien.
Une dynamique internationale renforcée
Moussa El Malki, professeur en géopolitique et stratégie, estime que la reconnaissance canadienne s’inscrit dans une dynamique internationale visant à clore définitivement le différend autour des provinces du Sud. Il souligne que la position canadienne s’appuie explicitement sur la résolution 2797, soutenue par 11 pays lors de son adoption. Selon lui, le Maroc récolte aujourd’hui les fruits de sa diplomatie renouvelée, menée sous l’impulsion du roi Mohammed VI, qui place la question du Sahara au cœur de ses relations internationales. Cette dynamique est également renforcée par l’ouverture d’une trentaine de consulats à Laâyoune et Dakhla, en signe de soutien à la souveraineté marocaine.
Il évoque aussi les positions de pays influents comme la France et l’Espagne, ainsi que les transformations géopolitiques globales qui poussent à régler les conflits hérités de la guerre froide. À cela s’ajoute une prise de conscience internationale des risques liés aux groupes séparatistes armés et à leurs liens avec des activités criminelles et terroristes.
Vers un règlement du conflit
Mohamed Nachtaoui, directeur du Centre Ibn Rochd d’études géopolitiques, considère que la position canadienne confirme un mouvement international en faveur du plan d’autonomie, considéré de plus en plus comme la seule solution réaliste. Il souligne que cette dynamique est alimentée par des reconnaissances successives de la souveraineté marocaine sur le Sahara, ainsi que par le retrait de reconnaissance de la RASD par plusieurs pays. Selon lui, cela renforce les perspectives d’un règlement définitif d’un conflit qui dure depuis des décennies.
Un signal fort pour l’avenir
Mohamed Bentalha Doukkali, professeur de sciences politiques à Marrakech, juge la position du Canada importante en raison du poids diplomatique du pays. Il estime qu’elle n’est pas surprenante, mais qu’elle s’inscrit dans la continuité des évolutions positives observées après la résolution 2797. Il considère que ces signaux internationaux convergents laissent entrevoir un règlement proche du dossier, avec un soutien croissant à la solution d’autonomie. Il évoque également la possibilité de futures reconnaissances par des pays africains influents comme le Nigeria ou l’Éthiopie.
À court terme, il anticipe que les prochaines réunions du Conseil de sécurité des Nations unies pourraient aboutir à des avancées significatives, notamment sur le rôle de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) et sur de nouvelles évolutions juridiques et politiques consolidant la position du Maroc.
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