L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a publié une nouvelle étude intitulée « Les filles perdent du terrain : l’écart entre les genres se creuse en mathématiques ». Selon ce rapport, les filles accusent à nouveau un retard significatif dans cette discipline, inversant la tendance à la réduction des écarts observée ces dernières années.
L’étude analyse l’évolution des performances en mathématiques entre 1995 et 2023, en quatrième et en huitième année de scolarité, dans 47 systèmes éducatifs au niveau primaire et 38 au niveau du premier cycle du secondaire. Elle a été corédigée avec l’Association internationale pour l’évaluation de la réussite éducative (IEA).
Un écart qui se creuse à l’échelle mondiale
Les résultats les plus récents montrent une augmentation de la proportion de systèmes éducatifs où les garçons surpassent les filles en mathématiques. En 2023, 81 % des systèmes étudiés présentaient un écart significatif en faveur des garçons en quatrième année, contre 52 % en 2019 et 39 % en 2015.
Par ailleurs, 21 % des systèmes éducatifs enregistrent une proportion significativement plus élevée de filles n’atteignant pas le seuil international minimal en mathématiques en quatrième année, contre 4 % en 2019 et 2 % en 2015. À l’autre extrémité du spectre, 85 % des systèmes montrent un avantage significatif des garçons pour atteindre le niveau international avancé.
Cette tendance est particulièrement marquée à la fin de l’école primaire et se poursuit dans le premier cycle du secondaire, souligne l’organisation onusienne.
Des causes liées aux stéréotypes et à la confiance
Le rapport met en avant que les différences de performance entre filles et garçons relèvent davantage des expériences d’apprentissage que des capacités intrinsèques. Parmi les facteurs identifiés figurent les stéréotypes de genre persistants, les attentes des enseignants et les interactions en classe.
Les auteures et auteurs précisent que les filles déclarent souvent avoir moins confiance dans leurs compétences en mathématiques. Cette perception affecte leur implication, leur participation et leur persévérance dans cette matière, tant à l’école qu’en dehors.
L’UNESCO considère cette situation préoccupante, car les mathématiques sont fondamentales pour l’apprentissage dans toutes les disciplines scolaires et essentielles pour accéder aux carrières STIM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques). Ces secteurs sont décrits comme étant au cœur de l’innovation, du progrès technologique, de la croissance inclusive et du développement durable.
Une sous-représentation persistante dans les filières STIM
L’étude relève que seulement 36 % des diplômés en STIM sont des femmes. Ce chiffre stagne depuis une décennie. Les femmes restent largement sous-représentées dans ces carrières, malgré les efforts déployés dans de nombreux pays.
L’analyse se concentre sur les élèves les moins performants ainsi que sur les plus performants. Les écarts sont notables dans les deux groupes, mais plus marqués chez les élèves les plus faibles.
Des recommandations pour une action précoce et ciblée
Pour remédier à cette situation, l’UNESCO appelle à une action qui doit commencer tôt et être mieux ciblée. Les systèmes éducatifs doivent réévaluer l’efficacité de leurs stratégies en matière d’égalité de genre, en particulier celles visant à soutenir les filles en mathématiques dès les premières années de scolarisation.
Le rapport identifie plusieurs priorités clés. Il s’agit notamment de renforcer dès le plus jeune âge la confiance des filles dans leurs compétences en mathématiques. Il est également nécessaire d’intégrer à la formation des enseignants des approches pédagogiques transformatrices axées sur le genre. Un suivi des progrès à l’aide de données ventilées par genre est recommandé. Enfin, il faut encourager des environnements familiaux et communautaires qui remettent en question les stéréotypes et soutiennent le potentiel des filles en mathématiques et dans les domaines STIM.
L’UNESCO conclut que les réponses doivent être précoces, durables et adaptées, afin de lutter à la fois contre les difficultés émergentes et contre la sous-représentation persistante des filles parmi les élèves les plus performantes. L’organisation prévoit de poursuivre le suivi de ces indicateurs dans les cycles d’évaluation à venir, afin d’évaluer l’impact des recommandations formulées.
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