Le Maroc ne participe pas à l’élection du président du Parlement panafricain

Le Maroc ne participe pas à l’élection du président du Parlement panafricain

La première session extraordinaire de la septième législature du Parlement panafricain (PAP) s’est ouverte mardi 28 avril 2026 à Midrand, dans la banlieue nord de Johannesburg, en Afrique du Sud. Cette réunion, qui devait notamment procéder à l’élection du nouveau président de l’institution, s’est déroulée sans la délégation marocaine.

Une absence annoncée

Le Royaume du Maroc a officiellement signifié son refus de prendre part à ce scrutin, confirmant ainsi une position constante adoptée depuis plusieurs années. Rabat conteste la légalité et la légitimité de la procédure électorale, estimant que les règles de rotation continentale et de représentativité régionale n’ont pas été respectées.

Selon des sources diplomatiques marocaines, cette décision s’inscrit dans le cadre d’un différend de fond sur la composition et le fonctionnement de l’organe législatif de l’Union africaine. Le Maroc réclame une réforme du processus de désignation des membres du PAP, afin de garantir une représentation équitable de chaque État membre.

Un bras de procédure

Le boycott marocain intervient dans un contexte de tensions récurrentes au sein de l’assemblée panafricaine. La session extraordinaire avait été convoquée pour élire un nouveau président après la vacance du poste, mais les discussions préparatoires ont été marquées par des divergences sur les modalités de vote.

Des diplomates basés à Addis-Abeba indiquent que la délégation marocaine a quitté la salle des débats lors de l’examen du point relatif à l’élection, refusant de cautionner ce qu’elle qualifie « d’irrégularités procédurales ». Cette position a été notifiée par écrit au bureau du PAP avant l’ouverture de la session.

Réactions et précédents

Plusieurs délégations africaines ont exprimé leur regret face à l’absence du Maroc, tout en reconnaissant le droit souverain de chaque État de défendre ses intérêts institutionnels. Le précédent de 2024, déjà marqué par un retrait similaire du Royaume lors d’un scrutin pour la vice-présidence, avait suscité des appels à une médiation interne.

Le Parlement panafricain, créé en 2004, est l’organe législatif consultatif de l’Union africaine. Il siège à Midrand et compte 275 membres désignés par les parlements nationaux des 55 États membres. L’élection de son président est traditionnellement soumise à un accord régional informel, que Rabat estime aujourd’hui bafoué.

Prochaines étapes

La session extraordinaire doit se poursuivre jusqu’à jeudi 30 avril 2026. En l’absence de consensus, l’élection pourrait être reportée à une date ultérieure. Le Maroc a indiqué qu’il pourrait revenir à la table des négociations si des garanties concrètes étaient apportées sur la révision des règles électorales.

Selon le calendrier officiel, une nouvelle réunion du bureau du PAP est prévue en mai 2026 pour tenter de dénouer la crise. La position marocaine, soutenue par plusieurs alliés régionaux, pourrait peser sur les discussions à venir, notamment lors du prochain sommet de l’Union africaine prévu à Malabo en juillet 2026.

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