SIEL 2026 : Hassan El Fad, entre art scénique et recherche académique, l’humour comme objet d’étude

SIEL 2026 : Hassan El Fad, entre art scénique et recherche académique, l’humour comme objet d’étude

Rabat, dans le cadre de la 26e édition du Salon international de l’édition et du livre (SIEL), une rencontre consacrée à l’humoriste et comédien marocain Hassan El Fad s’est tenue mercredi 16 avril 2025. L’événement, organisé au stand du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, a réuni des chercheurs, des critiques et un public varié autour d’une thématique inédite : l’humour comme discipline académique.

Cette session, intitulée « Hassan El Fad : de la scène à l’académie », visait à dépasser le cadre d’un simple hommage. Les organisateurs ont souhaité inscrire cette rencontre dans une démarche plus large, visant à analyser l’œuvre de l’artiste sous un angle universitaire. Plusieurs intervenants ont souligné la dimension structurée et réfléchie de son humour, qui mêle observation sociale, critique politique et maîtrise des codes du stand-up.

Contexte et objectifs de la rencontre

L’événement s’inscrit dans le programme culturel du SIEL 2026, qui met cette année l’accent sur les liens entre création artistique et recherche scientifique. La rencontre a été animée par le journaliste et critique culturel Youssef Aït Ennaym. Parmi les panélistes figuraient des enseignants-chercheurs de l’Université Mohammed V de Rabat et de l’Université Hassan II de Casablanca.

Les échanges ont porté sur la place de l’humour dans les études culturelles marocaines, ainsi que sur la possibilité d’intégrer l’analyse du discours humoristique dans les programmes de lettres et de sciences humaines. Les participants ont noté que Hassan El Fad, par la récurrence de ses thèmes et la constance de son style, offre un corpus riche pour une analyse sémiotique et sociologique.

Le parcours de Hassan El Fad comme cas d’étude

Né en 1972 à Casablanca, Hassan El Fad s’est imposé depuis les années 2000 comme l’une des figures majeures du one-man-show au Maroc. Ses spectacles, tels que « Wak Wak » ou « Le Maroc pour les nuls », ont connu un large succès public. Il est également l’auteur de plusieurs chroniques télévisées et radiophoniques, diffusées sur les chaînes publiques et privées.

Les chercheurs présents ont relevé que son humour s’appuie sur une observation minutieuse des contradictions sociales, un usage précis de l’ironie et une capacité à traiter de sujets sensibles sans sombrer dans la provocation gratuite. Cette approche, ont-ils estimé, en fait un objet d’étude pertinent pour les sciences de l’information et de la communication, la sociologie et l’analyse du discours.

Réactions et perspectives

Plusieurs participants ont exprimé leur satisfaction de voir un artiste vivant faire l’objet d’une réflexion universitaire. L’humoriste lui-même, présent dans la salle, a pris la parole brièvement pour saluer cette initiative. Il a déclaré que « l’humour est un miroir de la société » et s’est dit ouvert à des collaborations avec des chercheurs pour approfondir l’étude de son travail.

Cette rencontre s’inscrit dans une tendance plus large, observée dans plusieurs universités marocaines, de reconnaître les arts du spectacle comme des champs de recherche à part entière. Des projets de publication et de colloque sur l’humour au Maroc sont en cours de préparation, selon des sources académiques.

Le SIEL 2026 se poursuit jusqu’au 27 avril au Parc des expositions de Rabat. Le programme prévoit d’autres rencontres autour de figures culturelles marocaines, ainsi que des ateliers destinés aux étudiants et aux professionnels du livre.

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