Crédits bancaires : ralentissement de la croissance observé à fin mars 2026 selon Bank Al-Maghrib

Crédits bancaires : ralentissement de la croissance observé à fin mars 2026 selon Bank Al-Maghrib

Rabat – La croissance des crédits bancaires au Maroc a enregistré un ralentissement à la fin du mois de mars 2026, selon les dernières statistiques monétaires publiées par Bank Al-Maghrib (BAM). Cette tendance, qui intervient dans un contexte de resserrement des conditions financières, concerne plusieurs catégories de prêts, tant aux entreprises qu’aux ménages.

Les données provisoires de la banque centrale indiquent que le taux de progression annuel de l’encours global des crédits bancaires s’est établi à 4,2 % au 31 mars 2026, contre 5,1 % au trimestre précédent. Cette diminution reflète un essoufflement de la demande de financement, particulièrement marqué dans les secteurs de l’immobilier et de la consommation.

Crédit à l’équipement : une dynamique toujours haussière

Par objet économique, le crédit à l’équipement confirme sa dynamique haussière. Son encours atteint 314 milliards de dirhams, en progression de 25,3 % sur un an, soit une hausse de près de 63 milliards de dirhams par rapport à mars 2025. Cette catégorie représente désormais 21,7 % du total des crédits accordés par les banques.

Cette performance est attribuable aux investissements soutenus dans les secteurs industriel, énergétique et des infrastructures, dans le cadre des grands chantiers nationaux. Les entreprises ont notamment accru leurs achats d’équipements de production et de machines-outils pour répondre aux besoins de modernisation et de compétitivité.

Crédits immobiliers et à la consommation en repli

En revanche, les crédits immobiliers, qui représentent le principal poste de financement des ménages, ont vu leur croissance ralentir à 2,8 % sur un an, contre 3,9 % au trimestre précédent. L’encours s’élève à 398 milliards de dirhams. Les professionnels du secteur attribuent cette décélération à la hausse des taux d’intérêt et au durcissement des conditions d’octroi.

Les crédits à la consommation, destinés aux achats de biens durables et aux dépenses courantes, ont également marqué le pas. Leur taux de progression annuel est tombé à 1,3 %, contre 2,1 % au trimestre précédent, avec un encours total de 73 milliards de dirhams. Cette évolution reflète un prudent comportement d’endettement des ménages face à l’inflation persistante.

Crédits aux entreprises : disparités sectorielles

Du côté des entreprises, les crédits de trésorerie, utilisés pour financer le besoin en fonds de roulement, ont diminué de 1,8 % sur un an, à 324 milliards de dirhams. Ce recul traduit un ajustement des stocks et une gestion plus rigoureuse des flux de trésorerie. Les crédits à l’exportation, en revanche, ont progressé de 6,2 %, soutenus par la reprise des échanges commerciaux avec l’Union européenne et l’Afrique.

Les crédits aux très petites, petites et moyennes entreprises (TPE-PME) ont vu leur rythme de croissance ralentir à 3,1 %, contre 4,5 % au trimestre précédent. Les banques restent prudentes dans l’octroi de nouveaux prêts à ce segment, en raison de l’incertitude économique et des risques de défaillance.

Perspectives et prochains indicateurs

Bank Al-Maghrib devrait publier une analyse détaillée des conditions de crédit dans son prochain rapport trimestriel sur la politique monétaire, attendu en mai 2026. Les analystes s’attendent à ce que la banque centrale maintienne son taux directeur à 3,5 % lors de sa prochaine réunion, afin de soutenir la reprise sans alimenter l’inflation.

Les opérateurs économiques suivront de près les indicateurs de la demande intérieure et de l’investissement au deuxième trimestre 2026, afin d’évaluer si le ralentissement observé est conjoncturel ou structurel. Un raffermissement de la croissance des crédits à l’équipement pourrait toutefois compenser partiellement le repli des autres catégories.

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