Justice territoriale : Nizar Baraka en fait une doctrine d’État à Marrakech

Justice territoriale : Nizar Baraka en fait une doctrine d’État à Marrakech

Samedi 9 mai 2026, l’Alliance des économistes istiqlaliens (AEI) a organisé une rencontre au Musée de l’Eau à Marrakech pour débattre de la justice territoriale. Ce choix de lieu, symbolique pour la gestion des ressources hydriques, a servi de cadre à une intervention du secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, Nizar Baraka. Ce dernier a présenté la justice territoriale comme un pilier fondamental de la politique publique marocaine.

Une doctrine fondée sur l’équité spatiale

Dans son allocution, Nizar Baraka a défini la justice territoriale comme un principe devant guider l’ensemble des réformes structurelles du Royaume. Il a souligné que la lutte contre les disparités régionales ne peut plus se limiter à des mesures ponctuelles, mais doit s’inscrire dans une vision globale et cohérente. Selon lui, cette approche implique une répartition équitable des investissements publics, des infrastructures et des services de base sur l’ensemble du territoire national.

Le responsable politique a également insisté sur la nécessité d’adapter les politiques sectorielles aux spécificités de chaque région. Il a cité en exemple la gestion de l’eau, thème central du lieu de la rencontre, en rappelant que les régions arides et semi-arides du Maroc nécessitent des stratégies différenciées.

Les économistes istiqlaliens au cœur du débat

L’Alliance des économistes istiqlaliens, qui regroupe des experts et universitaires proches du parti, a présenté plusieurs notes d’orientation. Ces documents proposent des mécanismes concrets pour renforcer la convergence entre les politiques de développement régional et les objectifs de cohésion sociale. Les participants ont notamment évoqué la réforme de la fiscalité locale, le renforcement des compétences des collectivités territoriales et l’amélioration de l’accès au financement pour les petites et moyennes entreprises en zones rurales.

Des économistes présents ont rappelé que le nouveau modèle de développement du Maroc, lancé en 2021, fixe des cibles précises en matière de réduction des inégalités territoriales. La rencontre de Marrakech visait à évaluer les progrès réalisés et à identifier les freins persistants.

Un contexte de réformes en cours

Cette initiative intervient alors que le Maroc poursuit la mise en œuvre de la régionalisation avancée, un chantier lancé il y a plus d’une décennie. Les transferts de compétences aux régions restent toutefois inégaux, et la question de la péréquation financière entre collectivités demeure un sujet de débat. Nizar Baraka a plaidé pour un renforcement des mécanismes de solidarité interrégionale, citant l’exemple du Fonds de solidarité territoriale.

Le président de l’AEI, pour sa part, a insisté sur la nécessité d’associer les acteurs locaux, notamment la société civile et le secteur privé, à la définition des priorités régionales. Il a estimé que la justice territoriale ne saurait être imposée d’en haut, mais doit émerger d’un dialogue permanent avec les territoires.

En conclusion de cette rencontre, les participants ont appelé à la création d’un observatoire national de la justice territoriale. Cet organisme aurait pour mission de mesurer les écarts de développement entre les régions et de proposer des correctifs aux politiques publiques. Aucun calendrier officiel n’a été annoncé, mais les travaux de l’AEI devraient être remis aux autorités compétentes dans les prochains mois.

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