Le secteur marocain de l’assurance a enregistré une croissance à deux chiffres au premier trimestre 2026, selon les statistiques publiées par l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS). Cette performance est principalement attribuée à la forte progression des primes émises dans les branches épargne et capitalisation, notamment en unités de compte.
Les données officielles indiquent que le chiffre d’affaires du secteur a atteint 18,5 milliards de dirhams (MMDH) sur les trois premiers mois de l’année, en hausse de 11,2 % par rapport à la même période en 2025. Cette dynamique confirme la reprise de l’activité après les turbulences économiques des années précédentes.
Une progression tirée par l’épargne et les unités de compte
La branche épargne et capitalisation a particulièrement contribué à cette croissance, avec des primes en hausse de 15,8 % à 9,2 MMDH. Les supports en unités de compte, qui représentent désormais 38 % de cette branche, ont enregistré une augmentation de 22 % de leur collecte nette.
Les assureurs expliquent cet engouement par la recherche de rendements plus attractifs dans un contexte de taux d’intérêt bas et par la diversification des portefeuilles des épargnants. Les unités de compte, contrairement aux fonds en euros, offrent une exposition aux marchés financiers et immobiliers, ce qui séduit une clientèle de plus en plus avertie.
L’assurance vie et non-vie en hausse modérée
L’assurance vie traditionnelle a également progressé, mais à un rythme plus modéré, avec une hausse de 6,5 % des primes à 6,8 MMDH. Les contrats de prévoyance et de décès restent stables, tandis que les produits de retraite individuelle connaissent une légère augmentation de 3 %.
Dans la branche non-vie, la croissance est restée solide à 8,4 %, soutenue par l’assurance automobile (+7,2 %) et l’assurance multirisque habitation (+9,1 %). L’assurance santé a enregistré une hausse de 11,3 %, portée par la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) et la demande croissante de couvertures complémentaires.
Un contexte réglementaire favorable
L’ACAPS a souligné que ce trimestre bénéficie d’un cadre réglementaire assoupli, notamment la révision des normes de solvabilité et l’encouragement à l’innovation produit. Les assureurs ont également profité de la stabilisation des marchés financiers, ce qui a réduit la volatilité des unités de compte.
Le ratio de solvabilité moyen du secteur s’établit à 198 %, largement au-dessus du seuil réglementaire de 100 %, ce qui garantit une capacité de résistance aux chocs économiques. Les réserves techniques progressent de 6 % pour atteindre 120 MMDH.
Implications pour les épargnants et perspectives
Pour les épargnants marocains, cette évolution signifie une offre d’épargne plus diversifiée et potentiellement plus rentable, mais aussi plus risquée, en raison de la nature variable des unités de compte. Les experts recommandent une sélection rigoureuse des supports et une adéquation avec le profil de risque de chaque client.
Le secteur prévoit une poursuite de cette tendance pour le reste de l’année 2026, avec une croissance estimée entre 9 % et 12 % pour l’ensemble de l’exercice. L’ACAPS devrait publier un bilan détaillé à la fin du second trimestre, précisant l’impact des nouvelles offres d’épargne digitale et des partenariats fintech.
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