Carburants : le Maroc dispose de réserves stratégiques couvrant jusqu’à 48 jours de consommation

Carburants : le Maroc dispose de réserves stratégiques couvrant jusqu’à 48 jours de consommation

La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a présenté mardi devant la Chambre des conseillers un état des lieux de la sécurité énergétique du Maroc, affirmant que le Royaume dispose de réserves stratégiques de carburants suffisantes pour faire face aux crises internationales. Interrogée lors de la séance hebdomadaire des questions orales, elle a indiqué que les stocks de gasoil permettent de couvrir 48 jours de consommation, tandis que les réserves d’essence dépassent 40 jours.

Selon la ministre, cette capacité de résistance repose sur une mobilisation conjointe des acteurs publics et privés. « Le ministère continue actuellement d’adopter une approche fondée sur l’anticipation et la vigilance afin de préserver la sécurité de l’approvisionnement énergétique, tout en veillant à limiter les répercussions de ces fluctuations sur l’économie nationale et le pouvoir d’achat des citoyens », a-t-elle déclaré.

Un modèle jugé résilient face aux chocs mondiaux

Mme Benali a souligné que le Maroc a traversé plusieurs secousses énergétiques mondiales depuis 2021 sans connaître de rupture majeure d’approvisionnement. Elle a mis en avant « la résilience » du modèle marocain face aux crises successives sur le marché international de l’énergie, évoquant notamment les tensions récentes autour du détroit d’Ormuz, un point névralgique du commerce mondial des hydrocarbures. « Cette crise a constitué une nouvelle occasion de démontrer l’efficacité du modèle économique et social marocain dans le domaine énergétique. Nous avançons avec constance dans la bonne direction », a-t-elle assuré.

La ministre a également insisté sur la nécessité d’accélérer les projets liés aux infrastructures énergétiques et logistiques. « Nous ne pouvons pas faire face aux perturbations énergétiques internationales sans la mobilisation et la modernisation du secteur portuaire, ni sans disposer de ports capables de résister aux crises », a-t-elle soutenu, appelant à assurer l’efficacité de l’ensemble des chaînes de valeur, de l’achat à la consommation.

Des oppositions syndicales dénoncent des déséquilibres structurels

Les assurances de la ministre n’ont pas convaincu plusieurs membres de la Chambre des conseillers, qui ont dénoncé l’impact persistant de la flambée des prix des carburants sur le quotidien des ménages. Hanaa Benkhir, membre du groupe de l’Union générale des travailleurs du Maroc, a estimé que « le citoyen marocain ne suit plus les évolutions internationales à travers les réseaux sociaux, mais en ressent directement les effets au niveau des stations-service ». Elle a appelé à davantage de transparence sur les marges bénéficiaires du secteur ainsi qu’à une révision du système fiscal et des coûts de distribution.

Khlihen El Kerch, coordinateur du groupe de la Confédération démocratique du travail, a dénoncé « des dysfonctionnements structurels qui s’aggravent avec les crises internationales ». Il a évoqué des ruptures d’approvisionnement en carburants à chaque épisode de mauvaises conditions météorologiques et pointé les bénéfices des opérateurs de la distribution, affirmant que « les profits des opérateurs, que vous refusez de mentionner, ont atteint 90 milliards de dirhams à fin 2025 », des revenus qu’il a qualifiés de « profits excessifs ». Selon lui, « le marché des hydrocarbures au Maroc souffre de déséquilibres structurels qui nécessitent de… » (la citation a été interrompue dans le texte original).

Préparations pour l’été 2026

Dans la perspective de l’été 2026, période marquée par une hausse de la consommation énergétique et l’arrivée massive des Marocains résidant à l’étranger, le gouvernement a demandé aux opérateurs d’accélérer l’exécution des projets en cours. « Nous avons demandé à tous les acteurs d’accélérer la réalisation de l’ensemble des projets énergétiques afin d’être à la hauteur des attentes des citoyens marocains ainsi que des membres de la communauté marocaine résidant à l’étranger et de garantir leur consommation énergétique dans les meilleures conditions de confort », a expliqué la ministre.

Les prochains mois pourraient voir une intensification des débats parlementaires sur la régulation du secteur, alors que les syndicats réclament une transparence accrue sur les prix et les marges, tandis que le gouvernement mise sur le renforcement des infrastructures et la poursuite de la politique d’anticipation pour maintenir la sécurité d’approvisionnement.

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