Le Mouvement populaire, dirigé par Mohamed Ouzzine, a annoncé le ralliement de Mohamed Bousta, président de la commune de Ribate El Kheir et ancien membre de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), en vue des élections législatives de 2026. L’annonce a été faite lors d’une réunion partisane tenue à Sefrou, en présence du secrétaire général, de membres du bureau politique et de militants locaux.
Cette décision intervient dans un contexte de conflit ouvert entre Mustapha Lakhsem, ancien champion de kick-boxing et président de la commune d’Imouzzer Kandar, et Mohamed Ouzzine. Le différend portait sur l’investiture du parti pour la circonscription de Sefrou aux prochaines échéances parlementaires, prévues en septembre 2026.
Un ralliement stratégique pour apaiser les tensions internes
Lors de son intervention, Mohamed Bousta a exprimé sa volonté de se présenter sous la bannière du Mouvement populaire. Il a précisé qu’il se conformerait aux procédures internes du parti, en attendant la décision finale de la commission nationale chargée des investitures. Cette initiative est perçue comme un signal clair de la direction du parti pour clore le dossier des candidatures dans la province, qui a été marqué par des mois de rivalités.
Le choix de Mohamed Bousta reflète également la stratégie du Mouvement populaire de renforcer sa présence locale en s’appuyant sur une jeune figure politique issue des rangs de l’USFP dans la province de Sefrou. L’élu communal espère désormais parvenir à un accord avec son parti d’origine afin d’en être officiellement exclu, une démarche qui lui permettrait de conserver la présidence de la commune de Ribate El Kheir tout en se présentant aux législatives sous une nouvelle étiquette politique.
Les accusations de Mustapha Lakhsem
Mustapha Lakhsem avait, de son côté, publiquement sommé Mohamed Ouzzine de clarifier sa situation politique. Il réclamait soit une investiture officielle du Mouvement populaire, soit son exclusion du parti afin de pouvoir briguer un siège parlementaire sous une autre bannière ou en tant qu’indépendant, tout en maintenant sa présidence de la commune d’Imouzzer Kandar.
Cette sortie médiatique avait provoqué un important débat politique. Lakhsem accusait le secrétaire général du parti de retarder volontairement sa candidature sous prétexte de consultations avec le ministère de l’Intérieur, en raison du conflit qui l’oppose au gouverneur de la province.
La réponse de Mohamed Ouzzine
Mohamed Ouzzine avait rejeté ces accusations, affirmant avoir simplement demandé à Mustapha Lakhsem d’attendre l’aboutissement des discussions relatives aux lois électorales avant toute décision définitive concernant les candidatures. Le dirigeant du Mouvement populaire avait également rappelé que l’intéressé faisait l’objet de cinq poursuites judiciaires susceptibles de compromettre son éligibilité.
Lors d’une autre rencontre partisane organisée à Mohammédia, Ouzzine avait de nouveau répondu aux critiques de Lakhsem, estimant que ce dernier ne respectait ni les institutions du parti ni les instances habilitées à statuer sur les investitures électorales. Le secrétaire général avait alors insisté sur le fait que le Mouvement populaire ne présenterait aucun candidat non irréprochable, réaffirmant l’engagement du parti à ne pas accorder son soutien à des personnalités poursuivies devant la justice tant qu’aucune décision judiciaire ne les aurait innocentées.
Prochaines étapes
La commission nationale des investitures du Mouvement populaire doit se prononcer prochainement sur la candidature de Mohamed Bousta. Parallèlement, Mustapha Lakhsem pourrait déposer une demande officielle de départ du parti pour se présenter sous une autre étiquette ou comme indépendant, en conservant sa présidence municipale. L’issue de ce dossier déterminera en partie le paysage politique local à Sefrou pour les prochaines législatives.
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