Accusations d’usage électoral des budgets régionaux : des élus interpellent le ministre Laftit

Accusations d’usage électoral des budgets régionaux : des élus interpellent le ministre Laftit

Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a été interpellé par des parlementaires sur une utilisation présumée des budgets régionaux à des fins électorales, lors des débats sur le projet de loi organique relatif aux régions, au sein de la Commission de l’intérieur à la Chambre des conseillers. Cette intervention intervient dans un contexte marqué par les préparatifs des prochaines échéances électorales.

Le conseiller parlementaire du Rassemblement national des indépendants (RNI), Mustapha Ismaïli Alaoui, a directement porté ces accusations devant le ministre. Il a dénoncé « l’utilisation de l’argent de l’État au niveau des régions dans le processus électoral », affirmant disposer de « preuves et d’éléments » attestant de ces pratiques.

Défense du projet de loi malgré les griefs

Paradoxalement, cette déclaration est intervenue alors que l’élu plaidait en faveur de l’adoption du texte sans amendement. Selon lui, le projet de loi permet de remédier à « un important dysfonctionnement » qui a longtemps entravé l’exécution des projets régionaux. Il a soutenu que la réforme répond à « un problème démocratique », expliquant que les critiques sur l’usage des fonds publics dans les régions animent le débat politique depuis plusieurs années.

Pour le conseiller du RNI, le projet défendu par le ministère de l’Intérieur participe à la « préservation de l’action démocratique », particulièrement à l’approche des prochaines consultations électorales. Il a estimé que cette réforme s’inscrit dans le prolongement des orientations royales, traduites selon lui en « lois électorales révolutionnaires » destinées à moraliser la vie électorale.

Gouvernance territoriale et répartition des compétences

Mustapha Ismaïli Alaoui a également insisté sur le volet de la gouvernance territoriale. Le texte, a-t-il expliqué, renforce les mécanismes de gestion au sein des régions, une question déjà évoquée dans le message royal adressé aux participants des Assises nationales sur la régionalisation à Tanger.

Il a défendu la réforme comme protectrice des droits des membres des conseils régionaux. « Par le passé, trois ou quatre personnes programmaient les projets en dehors du conseil délibératif », a-t-il affirmé, estimant que les élus étaient souvent appelés à voter des projets sans en maîtriser le contenu.

En réponse aux critiques accusant le gouvernement de restreindre les prérogatives des régions, Alaoui a rejeté cette lecture. Selon lui, le projet élargit les compétences régionales en les attribuant à l’ensemble des composantes de la région, et non uniquement au président du conseil régional. Il a souligné que la réforme vise à accélérer la mise en œuvre des projets programmés, sans remettre en cause le principe de libre administration.

Mécanismes de contrôle et désinformation

Le parlementaire a également défendu le renforcement des mécanismes de contrôle prévus par le texte, dénonçant ce qu’il a qualifié de « désinformation » autour du contenu réel de la réforme.

Hausse des prix et dysfonctionnements des marchés

Au cours des débats, la question de la hausse des prix a également été abordée. Mohamed Benfkih, conseiller parlementaire du groupe RNI, a estimé que « le véritable problème aujourd’hui ne réside pas dans la production, mais dans le fossé séparant le producteur du consommateur ». Il a alerté sur les « graves dysfonctionnements » qui touchent les marchés de gros communaux, considérant que le projet de loi organique constitue « la première pierre » d’une réforme structurelle du secteur.

Selon Benfkih, cette réforme doit permettre de « réhabiliter le consommateur », afin que les produits lui parviennent dans de bonnes conditions et que soient garantis « la sécurité alimentaire des citoyens ainsi que leurs besoins essentiels ».

Le projet de loi organique relatif aux régions poursuit son examen au Parlement. Les prochaines étapes législatives et les éventuels amendements devraient préciser les modalités de mise en œuvre de cette réforme, dont l’impact sur la moralisation des pratiques électorales et la gouvernance régionale est attendu par de nombreux observateurs.

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