Le capital-investissement au Maroc a atteint des niveaux historiques en 2025, avec des levées de fonds totalisant 6,57 milliards de dirhams (MAD), réparties entre onze fonds. Parallèlement, les opérations de sortie restent rares, limitant la liquidité du marché et interrogeant la viabilité à long terme du secteur.
Un double record historique
Selon les données publiées par l’Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC) et relayées par des sources professionnelles, cette performance constitue un double record : jamais autant de capitaux n’avaient été collectés en une seule année, et jamais un nombre aussi élevé de fonds n’avait été lancé simultanément. En 2024, le total des levées s’élevait à 4,2 milliards MAD, contre 2,8 milliards MAD en 2023.
Les secteurs les plus attrayants pour les investisseurs restent la technologie, l’agroalimentaire, la santé et les infrastructures. Plusieurs fonds ont également ciblé des entreprises à fort potentiel de croissance dans l’économie numérique et les services financiers.
Des sorties toujours difficiles
Malgré cette abondance de liquidités, le marché des sorties demeure atone. En 2025, seules trois opérations de cession ou d’introduction en Bourse ont été recensées, pour un montant total inférieur à 500 millions MAD. Ce faible volume contraste avec les attentes des investisseurs, qui peinent à monétiser leurs participations.
Les experts identifient plusieurs causes à cette situation : la faiblesse du marché boursier local, le manque d’acquéreurs stratégiques de taille suffisante, et la persistance d’un écart entre les valorisations demandées par les fonds et celles acceptées par les acheteurs potentiels.
Un marché sous tension
Les professionnels du secteur soulignent que ce déséquilibre pourrait entraîner un ralentissement des nouvelles levées si les sorties ne s’améliorent pas dans les deux prochaines années. Selon un responsable de l’AMIC cité dans le rapport annuel de l’association, « un fonds a besoin d’un cycle de cessions régulières pour démontrer sa performance et attirer de nouveaux souscripteurs ».
Le gouvernement marocain a récemment annoncé des mesures visant à renforcer l’attractivité de la Bourse de Casablanca, notamment par l’introduction d’allégements fiscaux pour les entreprises qui s’y introduisent. Cependant, ces dispositions n’auront un effet tangible qu’à moyen terme.
Perspectives
Les acteurs du private equity tablent sur une reprise progressive des sorties à partir de 2026, portée par la cession de participations dans des entreprises technologiques arrivées à maturité. La Banque centrale du Maroc et le ministère des Finances travaillent par ailleurs sur un cadre réglementaire facilitant les fusions-acquisitions transfrontalières. Ces évolutions pourraient améliorer la liquidité du marché et réduire le décalage entre levées et sorties.
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