Laâyoune : la capacité de dessalement va tripler pour garantir l’eau potable

Laâyoune : la capacité de dessalement va tripler pour garantir l’eau potable

La ville de Laâyoune s’apprête à renforcer la sécurisation de son alimentation en eau potable. L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), branche Eau, engagera un programme d’extension majeur de ses infrastructures de dessalement d’eau de mer. Cette initiative vise à tripler la capacité actuelle de production, afin de répondre aux besoins croissants de la population et des activités économiques locales.

Selon les informations fournies par l’ONEE, le projet prévoit d’augmenter la capacité de l’usine de dessalement existante, située dans la commune de Laâyoune, de 26 000 mètres cubes par jour à environ 78 000 mètres cubes par jour. Cette expansion permettra de porter la production totale à un niveau suffisant pour couvrir l’ensemble des besoins en eau potable de la région, y compris les périodes de pointe estivale et les situations de sécheresse.

Contexte et enjeux

Laâyoune, chef-lieu de la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, connaît une croissance démographique soutenue, alimentée par l’urbanisation et le développement économique. Parallèlement, les ressources en eau conventionnelles, notamment les nappes phréatiques, subissent une pression croissante en raison de la rareté des précipitations et de la surexploitation. Le dessalement de l’eau de mer apparaît ainsi comme une solution stratégique pour assurer la sécurité hydrique de la ville et de ses environs.

L’ONEE précise que le projet s’inscrit dans le cadre du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation, lancé par les autorités marocaines en 2020. Ce programme vise à mobiliser toutes les ressources disponibles, y compris le dessalement, pour faire face aux défis du stress hydrique structurel. La région de Laâyoune, qui bénéficie d’un accès direct à l’océan Atlantique, est particulièrement bien placée pour tirer parti de cette technologie.

Détails techniques et calendrier

L’extension de l’usine nécessitera l’installation de nouvelles unités de filtration par osmose inverse, ainsi que le renforcement des infrastructures de stockage et de distribution. L’ONEE indique que les travaux seront réalisés en plusieurs phases, afin de minimiser les perturbations sur l’approvisionnement actuel. La première phase, qui devrait être achevée d’ici fin 2025, permettra d’augmenter la capacité de 26 000 à 52 000 mètres cubes par jour. La seconde phase, prévue pour 2027, portera la capacité à 78 000 mètres cubes par jour.

Le coût total du projet est estimé à 1,2 milliard de dirhams, financé en partie par le budget de l’ONEE et par des prêts d’organismes internationaux de développement. L’office n’a pas encore divulgué les noms des entreprises qui réaliseront les travaux, mais précise que les appels d’offres seront lancés au cours du premier trimestre 2025.

Impact attendu et perspectives

Une fois l’extension achevée, la ville de Laâyoune disposera d’une capacité de dessalement équivalente à celle des plus grandes installations du Maroc, comme celles de Casablanca ou de Tanger. Cette augmentation permettra non seulement de sécuriser l’approvisionnement en eau potable pour les 300 000 habitants actuels de la ville, mais aussi de soutenir le développement de nouvelles zones résidentielles et industrielles prévues dans le cadre du plan d’aménagement régional.

L’ONEE souligne que l’eau produite sera entièrement destinée à l’usage domestique, sans impact sur les ressources en eau souterraine locales, qui pourront ainsi être préservées pour l’agriculture et les écosystèmes naturels. Par ailleurs, l’office étudie la possibilité d’intégrer des énergies renouvelables, notamment le solaire, pour alimenter les pompes et les unités de dessalement, ce qui réduirait l’empreinte carbone de l’installation.

Dans les mois à venir, l’ONEE prévoit de présenter une étude d’impact environnemental détaillée, ainsi qu’un plan de gestion des rejets de saumure, afin de garantir que l’extension respecte les normes écologiques en vigueur. Le projet est également soumis à une consultation publique, conformément à la réglementation marocaine sur les grands équipements hydrauliques.

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