Le ministère du Transport et de la Logistique a présenté, lors des Assises nationales du maritime tenues à Tanger, les premiers résultats de l’étude stratégique confiée au Boston Consulting Group (BCG). Cette étude, dont les conclusions ont été rendues publiques pour la première fois, vise à définir les axes de reconstitution de la flotte marchande marocaine.
La présentation a eu lieu en présence de représentants du secteur public et privé, ainsi que d’experts du domaine maritime. L’étude du BCG, commandée par le ministère, s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de développement du transport maritime et de la logistique. Elle répond à un besoin de modernisation et de renforcement de la flotte commerciale du pays.
Les objectifs de l’étude stratégique
Selon les informations communiquées lors des Assises, l’étude du BCG propose plusieurs scénarios pour la reconstitution de la flotte marchande. Ces scénarios tiennent compte des capacités financières, des besoins du commerce extérieur marocain et des exigences environnementales et réglementaires internationales. L’objectif principal est d’atteindre une flotte compétitive, capable de transporter une part significative des échanges maritimes du Royaume.
Les données préliminaires indiquent que la flotte actuelle est insuffisante pour répondre à la demande croissante, notamment dans les secteurs des conteneurs, des vracs solides et liquides, et du transport de marchandises générales. Le BCG a recommandé un plan de modernisation progressive, incluant l’acquisition de navires neufs et l’adaptation des infrastructures portuaires.
Les axes prioritaires retenus
L’étude identifie trois axes prioritaires. Le premier concerne le renforcement de la flotte de transport de conteneurs, en lien avec le développement des zones franches et des plateformes logistiques. Le deuxième axe porte sur le transport de vracs, afin de réduire la dépendance aux opérateurs étrangers. Le troisième axe vise à améliorer la formation maritime et l’attractivité des métiers de la mer.
Le ministère a précisé que cette stratégie sera mise en œuvre par phases, avec un premier horizon à court terme (2025–2027) et un second à moyen terme (2028–2030). Le coût total de la reconstitution n’a pas été communiqué, mais les responsables ont évoqué un recours à des partenariats public-privé et à des financements internationaux.
Réactions et prochaines étapes
Les représentants des armateurs et des opérateurs portuaires présents aux Assises ont salué la démarche, tout en appelant à une accélération des réformes réglementaires et fiscales. Plusieurs intervenants ont souligné l’importance d’une coordination étroite entre le ministère, l’Agence nationale des ports et les acteurs privés.
Le ministère du Transport et de la Logistique prévoit de finaliser l’étude du BCG d’ici la fin de l’année 2025. Un comité de suivi sera mis en place pour piloter la mise en œuvre des recommandations. Les prochaines étapes incluent la publication d’un appel d’offres pour l’acquisition des premiers navires, ainsi que la révision du cadre juridique régissant le transport maritime national.
Ces annonces interviennent dans un contexte de croissance des échanges commerciaux du Maroc, notamment avec l’Afrique subsaharienne et l’Europe. La reconstitution de la flotte marchande est considérée comme un levier stratégique pour renforcer la souveraineté logistique du pays et réduire les coûts de transport pour les exportateurs marocains.
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