Rabat, lundi 12 juin 2023 – À l’approche de l’Aïd Al-Adha, la députée Nadia El Kansouri, membre du groupement parlementaire du Parti de la Justice et du Développement (PJD), a vivement critiqué la politique gouvernementale en matière de transport et d’élevage. Intervenant lors de la séance hebdomadaire des questions orales à la Chambre des représentants, consacrée au secteur du transport, l’élue a accusé l’exécutif d’avoir « volé la joie de l’Aïd » aux citoyens marocains, en raison de la flambée des prix des moutons de sacrifice et de l’augmentation des tarifs des taxis et des autocars.
Selon Mme El Kansouri, les aides publiques accordées ces dernières années aux éleveurs, aux fourrages, ainsi que le soutien financier octroyé aux professionnels du transport pour contenir la hausse des prix, n’ont eu aucun impact tangible sur le coût du bétail ni sur celui du transport. Elle a dénoncé une situation qu’elle juge contradictoire avec les importantes enveloppes de soutien mobilisées par l’État, estimant que ces deux postes de dépenses continuent de peser lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages marocains.
Des subventions sans effet apparent sur les prix
La députée a rappelé que, malgré les subventions publiques, le prix des moutons de sacrifice et les tarifs du transport n’ont pas baissé, ce qui, selon elle, traduit un échec des mesures gouvernementales. S’adressant au ministre du Transport, elle a demandé des comptes sur l’utilisation des fonds alloués et sur les résultats concrets obtenus.
Dans son intervention, Mme El Kansouri a également attiré l’attention sur plusieurs incidents récents impliquant des autobus ayant pris feu sur le bord des routes. Elle a estimé que ces incidents révèlent des insuffisances dans le contrôle technique et le suivi de l’état mécanique des véhicules de transport public.
Pression sur l’ONCF et conditions de transport dénoncées
L’élue du PJD a également pointé la pression croissante sur les services de l’Office national des chemins de fer (ONCF), notamment après l’augmentation des capacités d’accueil dans des conditions qu’elle a qualifiées de « non saines » en raison de la forte affluence et de la surpopulation dans les trains. Elle a évoqué les difficultés rencontrées par les personnes en situation de handicap dans les transports ferroviaires.
Pour Mme El Kansouri, la réalité du rail au Maroc reflète désormais « un Maroc à deux vitesses ». Alors que de nombreux voyageurs peinent encore à trouver des sièges confortables dans les trains ordinaires, le pays poursuit le développement de nouveaux projets de trains à grande vitesse, a-t-elle déploré.
La parlementaire a également estimé que les subventions accordées à l’ONCF devraient se traduire concrètement par une amélioration du quotidien des citoyens et de la qualité des services proposés. Elle s’est interrogée sur les mesures prises par l’actuel gouvernement, rappelant que d’anciens exécutifs avaient lancé des programmes destinés au renouvellement du parc des taxis.
Appel à investir dans les zones rurales
Enfin, Nadia El Kansouri a appelé à orienter davantage d’investissements vers les zones rurales et les douars, particulièrement dans les régions de l’Atlas et du Rif. Elle a souligné la nécessité d’améliorer les infrastructures de transport et de désenclaver les populations locales, afin de réduire les inégalités territoriales.
La députée n’a pas précisé de délai pour la mise en œuvre de ces recommandations. La question du transport et des prix des moutons devrait être de nouveau abordée lors des prochaines séances parlementaires, alors que l’Aïd Al-Adha approche et que les préoccupations des citoyens restent vives.
Commentaires (0)
Laissez votre commentaire