Rabat amorce un changement stratégique dans sa politique énergétique en réduisant progressivement sa dépendance au gaz naturel importé d’Espagne, selon un rapport publié lundi par le site Middle East Online. Cette évolution intervient après que le Royaume a renforcé ses importations via la péninsule Ibérique à la suite de la crise diplomatique entre Madrid et Alger en 2022, et s’inscrit dans une stratégie de diversification des fournisseurs et des ressources énergétiques.
Contexte de la dépendance au gaz espagnol
La coopération énergétique entre le Maroc et l’Espagne s’est intensifiée en 2022, lorsque l’Algérie a suspendu les flux de gaz transitant par le gazoduc Maghreb-Europe, qui traversait le territoire marocain pour alimenter l’Espagne. Cette décision faisait suite à des tensions diplomatiques entre Alger et Madrid, après le soutien de l’Espagne à la position marocaine sur le Sahara. En réponse, Rabat et Madrid ont mis en place un système de flux inversé, permettant l’acheminement du gaz depuis l’Espagne vers le Maroc, sécurisant ainsi une partie des besoins énergétiques du Royaume.
Cependant, les autorités marocaines cherchent désormais à limiter leur dépendance à cette voie d’approvisionnement unique, dans le cadre d’une stratégie énergétique de long terme visant à consolider la sécurité énergétique nationale et à faire du Maroc un hub régional pour le gaz naturel, les énergies renouvelables et l’hydrogène vert.
Accélération des investissements dans les énergies renouvelables
Le Maroc accélère parallèlement le développement de ses capacités en énergies renouvelables, avec l’ambition de porter à 52 % la part des énergies renouvelables dans la capacité électrique installée à l’horizon 2030. Cet objectif repose sur plusieurs projets structurants, notamment le complexe solaire Noor Ouarzazate, l’un des plus grands projets solaires au monde, ainsi que sur l’extension rapide des parcs éoliens terrestres.
Au cours des dernières années, les autorités marocaines ont multiplié les investissements dans les infrastructures solaires et éoliennes, tout en poursuivant le développement des équipements gaziers. Le Royaume avance notamment sur des projets de gaz naturel liquéfié (GNL), incluant des terminaux flottants et des unités de regazéification, destinés à sécuriser l’approvisionnement national et à stabiliser le réseau énergétique.
Une stratégie combinée pour plus de flexibilité
Selon le rapport, cette combinaison entre infrastructures gazières et production d’énergie propre devrait offrir davantage de flexibilité au Maroc pour répondre à la hausse de la demande en électricité, accompagner la croissance économique et soutenir l’expansion industrielle du pays. Le Royaume a également revu à la hausse ses engagements climatiques à long terme.
Dans ses objectifs actualisés pour la période 2026-2035, le Maroc prévoit de porter la part des énergies renouvelables à 80 % du mix énergétique national d’ici à 2050, confirmant son orientation vers une transition énergétique progressive mais structurante.
Les prochaines étapes devraient inclure la finalisation des projets de GNL et l’accélération des appels d’offres pour de nouveaux parcs éoliens et solaires, avec un calendrier qui reste à préciser par les autorités compétentes.
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