Face à l’aggravation du stress hydrique, le Maroc poursuit le déploiement de sa stratégie nationale de l’eau. L’Agence du bassin hydraulique du Sebou a annoncé le lancement d’une étude de faisabilité visant à interconnecter trois sous-bassins versants majeurs de cette région.
L’étude, dont l’appel d’offres a été récemment publié, porte sur le raccordement des bassins de l’Oued Sebou, de l’Oued Fouarat et de l’Oued Grou. L’objectif est de mieux gérer les transferts d’eau en période de sécheresse et d’optimiser l’utilisation des ressources disponibles.
Un projet structurant pour la région
Cette interconnexion permettrait de compenser les déficits localisés en redirigeant l’eau excédentaire d’un bassin vers un autre. Le projet concerne principalement les provinces de Kénitra, Sidi Kacem, Meknès et Fès, zones agricoles et urbaines fortement dépendantes du réseau hydraulique du Sebou.
Selon les informations disponibles, l’étude évaluera les aspects techniques, environnementaux et économiques de l’opération. Elle comprendra également une analyse des impacts sur les nappes phréatiques et les écosystèmes aquatiques.
Un contexte de raréfaction accélérée
Le Maroc connaît une diminution progressive de ses ressources en eau, accentuée par le changement climatique et la croissance des besoins. Le bassin du Sebou, qui fournit environ 30 % des ressources hydriques du pays, a enregistré une baisse significative de son apport moyen annuel ces dernières années.
Les précipitations irrégulières et l’augmentation de la demande en eau potable et agricole rendent nécessaire une gestion plus intégrée des bassins versants. L’interconnexion des trois sous-bassins vise à réduire les risques de pénurie localisée et à sécuriser l’approvisionnement des populations.
Détails de l’étude
L’étude de faisabilité sera réalisée sur une période de douze mois. Elle comprendra la modélisation hydrologique des trois bassins et la simulation de différents scénarios de transfert. Les coûts estimés pour la réalisation de l’étude n’ont pas été communiqués à ce stade.
Des consultations avec les acteurs locaux, notamment les agriculteurs et les collectivités, seront menées dans le cadre de l’évaluation d’impact social.
Prolongement de la stratégie nationale
Ce projet s’inscrit dans le cadre du Plan national de l’eau (PNE 2020 2050), qui prévoit la construction de barrages, le dessalement de l’eau de mer et le renforcement des interconnexions hydrauliques. Le ministère de l’Équipement et de l’Eau encourage les initiatives régionales pour améliorer la résilience hydraulique.
L’étude devrait aboutir à des recommandations opérationnelles pour le début de l’année 2026. Si les résultats sont positifs, les travaux d’interconnexion pourraient être lancés dans un second temps, avec un financement à définir.
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