La BAD confirme le Maroc comme son premier partenaire en 2025, devant l’Afrique du Sud et le Nigeria

La BAD confirme le Maroc comme son premier partenaire en 2025, devant l’Afrique du Sud et le Nigeria

Dans un contexte marqué par un ralentissement de la croissance mondiale, un durcissement des conditions de financement et une contraction de l’aide publique au développement, la Banque africaine de développement (BAD) a classé le Maroc comme son premier partenaire pour l’exercice 2025. Cette position, qui place le Royaume devant l’Afrique du Sud et le Nigeria, a été officialisée lors de la publication des perspectives financières de l’institution panafricaine.

Un portefeuille record et des priorités stratégiques

Selon les données communiquées par la BAD, le Maroc bénéficie d’un portefeuille de projets évalué à plus de 3,5 milliards de dollars américains pour l’année en cours. Ce montant inclut des investissements dans les infrastructures, l’énergie renouvelable, l’agriculture durable et le développement numérique. La Banque justifie ce niveau de priorité par la stabilité macroéconomique du Royaume et par sa capacité d’absorption des financements, renforcée par des réformes structurelles menées depuis 2020.

L’Afrique du Sud, traditionnellement premier bénéficiaire des prêts de la BAD, recule à la deuxième place avec un portefeuille de 2,8 milliards de dollars, tandis que le Nigeria complète le trio avec 2,4 milliards de dollars. Cette redistribution reflète, selon les analystes, un recentrage des opérations de la Banque vers des économies offrant des garanties de remboursement solides et des projets à fort impact social.

Les secteurs clés du partenariat Maroc-BAD

Les financements accordés au Maroc ciblent en priorité la transition énergétique, avec plusieurs projets d’extension de centrales solaires et éoliennes dans les régions de Ouarzazate et de Taza. Le secteur agricole reçoit également une part importante des fonds, notamment pour l’irrigation connectée et la résilience climatique dans les zones rurales. Par ailleurs, un programme de soutien aux PME numériques, doté de 400 millions de dollars, a été lancé en mars 2025 pour renforcer l’entrepreneuriat technologique.

La BAD a également souligné que le Maroc est devenu un hub régional pour ses opérations de garantie souveraine, ce qui facilite le décaissement rapide des prêts. Le taux de décaissement pour les projets marocains a atteint 82 % en 2024, contre une moyenne continentale de 65 %.

Réactions et implications régionales

Cette annonce intervient alors que la BAD cherche à accroître sa présence en Afrique du Nord, une région jusqu’ici sous-représentée dans son portefeuille global. Le ministre marocain de l’Économie et des Finances a salué cette reconnaissance, évoquant une « validation de la trajectoire de réformes engagée par le Royaume ». De son côté, l’institution bancaire a précisé que ce classement ne remet pas en cause les engagements pris envers les autres pays membres, mais qu’il reflète un ajustement aux réalités du marché.

Certains observateurs économiques estiment que cette primauté pourrait renforcer la position du Maroc comme plaque tournante des investissements internationaux en Afrique de l’Ouest et du Nord. Toutefois, la BAD n’a pas communiqué de projections précises pour les années suivantes, se contentant d’indiquer que les allocations resteront conditionnées à la performance des projets en cours.

La Banque africaine de développement prévoit de publier un rapport détaillé sur ses opérations au Maroc au troisième trimestre 2025, incluant une évaluation de l’impact des financements sur l’emploi et la croissance locale. Ce document devrait également préciser les modalités de renouvellement du partenariat pour la période 2026-2028.

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