Le prix du kilogramme de poulet vivant est tombé sous la barre des 7 dirhams, plongeant la filière avicole marocaine dans une crise inédite. L’Association nationale des éleveurs de poulets de chair (ANPC) a lancé un appel urgent aux autorités dans un communiqué publié le 8 juin, dénonçant une situation intenable pour les professionnels du secteur.
Selon l’ANPC, cette chute des cours résulte d’un déséquilibre persistant entre l’offre et la demande sur le marché national. Les éleveurs, confrontés à des coûts de production élevés, notamment pour l’alimentation animale et l’énergie, voient leurs marges réduites à néant. Plusieurs exploitations risquent la faillite si aucune mesure d’urgence n’est prise.
Des revendications claires
Dans son communiqué, l’ANPC réclame une intervention immédiate des pouvoirs publics pour stabiliser le marché. L’association demande notamment la mise en place d’un mécanisme de régulation des prix, le soutien aux éleveurs via des subventions ciblées, ainsi que le renforcement des contrôles à l’importation pour limiter l’afflux de volailles congelées à bas prix.
Les éleveurs dénoncent par ailleurs une concurrence déloyale de la part des importations, qui pèse lourdement sur les prix locaux. Selon des données sectorielles, la production nationale de poulets de chair a augmenté de près de 5 % au premier trimestre 2025, alors que la demande stagne, accentuant la pression sur les prix.
Conséquences sur l’emploi et la filière
La filière avicole représente un maillon essentiel de l’économie marocaine, avec plus de 200 000 emplois directs et indirects. La baisse des prix menace la viabilité de nombreuses exploitations, principalement dans les régions de Casablanca, Rabat, Fès et Marrakech. Les éleveurs alertent sur un risque de licenciements massifs si la situation perdure.
L’ANPC estime que le prix de revient du kilogramme de poulet vivant se situe entre 9 et 10 dirhams, ce qui rend la vente à moins de 7 dirhams structurellement déficitaire. Les petits et moyens éleveurs, les plus vulnérables, sont les premiers touchés.
Réactions des autorités
Le ministère de l’Agriculture n’a pas encore réagi officiellement à ce communiqué. Toutefois, des sources proches du dossier indiquent que des discussions sont en cours avec les représentants de la filière pour trouver une issue rapide à la crise. Une réunion d’urgence pourrait être organisée dans les prochains jours.
Par ailleurs, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) a annoncé un renforcement des inspections dans les abattoirs et les points de vente, afin de garantir la qualité des produits et d’éviter les pratiques spéculatives.
La situation reste donc très tendue pour les éleveurs marocains, qui espèrent une intervention rapide des pouvoirs publics pour éviter une hécatombe dans la filière. Les prochaines semaines seront décisives pour l’avenir de la production avicole nationale.
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