La crise qui affecte le secteur avicole marocain s’aggrave. Le prix du kilogramme de poulet vif est tombé sous la barre des 7 dirhams, un seuil critique pour les éleveurs. Cette chute a poussé l’Association nationale des éleveurs de poulets de chair (ANPC) à lancer un appel urgent.
Dans un communiqué publié le 8 juin, l’ANPC alerte sur la situation financière de ses membres. L’organisation estime que le coût de production moyen du poulet vif se situe entre 11 et 12 dirhams le kilo. La vente à un prix inférieur à ce seuil entraîne des pertes directes pour les éleveurs.
Un déséquilibre entre l’offre et la demande
Plusieurs facteurs expliquent cette baisse des prix. La production de poulets de chair a augmenté ces derniers mois. Parallèlement, le pouvoir d’achat des consommateurs marocains a reculé, ce qui réduit la demande. Les éleveurs se retrouvent avec des stocks invendus.
Selon les données du ministère de l’Agriculture, la production nationale de viande de volaille a atteint 650 000 tonnes en 2023. Le secteur emploie plus de 400 000 personnes. La filière représente une part importante de l’économie agricole marocaine.
Les revendications des éleveurs
L’ANPC demande une intervention urgente des pouvoirs publics. Elle réclame la mise en place d’un mécanisme de régulation des prix. L’association souhaite également un soutien financier pour les élevages les plus touchés.
Dans son communiqué, l’ANPC souligne que plusieurs exploitations risquent la faillite. Elle appelle à une concertation avec le ministère de l’Agriculture et la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA).
Les éleveurs rappellent que le poulet de chair est un aliment de base pour de nombreux ménages marocains. Sa cherté relative avait déjà fragilisé la demande. Aujourd’hui, c’est l’offre excédentaire qui provoque l’effondrement des cours.
Conséquences pour l’ensemble de la filière
L’effondrement du prix du poulet vif a des répercussions en cascade. Les producteurs d’aliments pour volailles, les abattoirs et les distributeurs subissent également la crise. La FISA avait déjà signalé en mai une baisse de 20 % des marges des opérateurs.
Plusieurs associations de consommateurs saluent la baisse du prix au détail. Le poulet est vendu entre 12 et 15 dirhams le kilo dans les marchés. Mais les éleveurs estiment que cette baisse est insoutenable pour leur activité.
Perspectives et actions attendues
Le ministère de l’Agriculture n’a pas encore réagi officiellement à l’appel de l’ANPC. Une réunion de crise pourrait être organisée dans les prochains jours. Les éleveurs espèrent une décision rapide pour stabiliser les prix.
À ce stade, aucune mesure concrète n’a été annoncée. Les professionnels du secteur suivent de près l’évolution des cours. Un retour à un prix d’équilibre, estimé entre 11 et 12 dirhams le kilo vif, semble nécessaire pour éviter des fermetures d’exploitations.
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