OCDE : prévisions de croissance solides pour le Maroc en 2026, mais des vulnérabilités structurelles persistent

OCDE : prévisions de croissance solides pour le Maroc en 2026, mais des vulnérabilités structurelles persistent

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié, ce mardi 4 juin 2025, son rapport intitulé « Sous pression », qui dresse un tableau contrasté de l’économie mondiale. Pour le Maroc, l’institution prévoit une croissance robuste à l’horizon 2026, tout en alertant sur des fragilités profondes qui pourraient limiter la portée de cette embellie.

Selon les données compilées par l’OCDE, le produit intérieur brut (PIB) du Maroc devrait enregistrer une progression de 3,5 % en 2025, puis de 4,2 % en 2026. Ces chiffres reflètent une reprise soutenue, portée par la vigueur des exportations manufacturières, la bonne tenue des investissements publics et une demande intérieure en redémarrage après plusieurs années de ralentissement.

Contexte international sous tension

Le rapport de l’OCDE souligne que l’économie mondiale reste « sous pression », en raison de l’inflation persistante, des tensions géopolitiques et de la fragmentation des échanges commerciaux. Ces facteurs externes pèsent également sur le Maroc, dont la croissance dépend fortement des marchés européens et des chaînes d’approvisionnement mondiales.

L’organisation note que le royaume a su tirer parti de sa diversification sectorielle, notamment dans l’automobile, l’aéronautique et les phosphates, pour limiter l’impact des chocs extérieurs. Toutefois, les perspectives restent conditionnées à l’évolution de la demande en zone euro, principal partenaire commercial du pays.

Vulnérabilités internes persistantes

Malgré des prévisions de croissance solides, l’OCDE identifie plusieurs vulnérabilités de fond qui pourraient entraver le développement à moyen terme. La sécheresse récurrente affecte directement la production agricole, qui représente encore une part significative de l’emploi rural et de la balance commerciale. Le rapport rappelle que la dépendance aux importations céréalières expose le Maroc à des fluctuations de prix et à des tensions sur la balance des paiements.

Par ailleurs, le chômage, en particulier chez les jeunes et les diplômés, reste à un niveau élevé, malgré les efforts des pouvoirs publics en matière de formation et d’insertion professionnelle. L’OCDE estime que la création d’emplois de qualité dans le secteur privé demeure un défi central pour assurer la stabilité sociale et économique.

Réformes et perspectives

Le rapport met en avant les réformes engagées par le Maroc dans le cadre du Nouveau modèle de développement (NMD), notamment la généralisation de la protection sociale, la digitalisation de l’administration et l’amélioration du climat des affaires. Ces chantiers, selon l’OCDE, pourraient renforcer la résilience de l’économie à long terme s’ils sont mis en œuvre avec constance et efficacité.

Cependant, l’organisation souligne que la mise en œuvre de ces réformes doit s’accompagner d’une gestion rigoureuse des finances publiques, alors que le déficit budgétaire se réduit progressivement mais reste supérieur aux niveaux d’avant la pandémie de Covid-19.

Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’impact des mesures annoncées. Le gouvernement marocain doit présenter, avant la fin de l’année 2025, une actualisation de sa trajectoire budgétaire, tandis que la Banque centrale devrait maintenir une politique monétaire prudente face aux incertitudes inflationnistes. L’OCDE prévoit de publier une mise à jour de ses prévisions en novembre 2025, qui permettra de mesurer les progrès accomplis et d’ajuster les recommandations en conséquence.

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