La Bourse de Casablanca a enregistré un rebond marqué lundi, portée par l’annonce d’un accord entre les États-Unis et l’Iran prévoyant la réouverture du détroit d’Ormuz. L’indice MASI (Moroccan All Shares Index) a bondi de 4,46 % en une seule séance, signant l’une des plus fortes hausses de l’année.
Cette progression s’inscrit dans un contexte de regain de confiance des investisseurs après des semaines de tensions géopolitiques dans la région du Golfe. Le détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial, avait été partiellement fermé en raison des affrontements entre Washington et Téhéran.
Un marché porté par le secteur énergétique et les valeurs bancaires
La hausse du MASI a été tirée principalement par les titres du secteur énergétique, notamment les compagnies pétrolières et les valeurs liées au transport maritime. Les banques, premier poids lourd de la cote casablancaise, ont également contribué à la performance, enregistrant des gains compris entre 3 % et 5,5 %.
Les analystes soulignent que l’accord réduit le risque de perturbation des approvisionnements pétroliers, ce qui apaise les craintes d’une flambée des prix du brut et d’une inflation importée au Maroc. Le pays, importateur net de pétrole, est particulièrement sensible aux variations des cours mondiaux.
Un effet d’entraînement pour les places financières régionales
L’embellie casablancaise fait écho à une tendance positive observée sur d’autres Bourses arabes et africaines, notamment au Caire et à Johannesburg. Les investisseurs internationaux, qui avaient réduit leur exposition aux actifs jugés risqués pendant la crise, reviennent progressivement sur les marchés émergents.
Les opérateurs de marché interrogés par Aljareeda.net estiment que la confiance reste conditionnée à la mise en œuvre concrète de l’accord et à la levée effective des restrictions de navigation dans le détroit. Aucune échéance officielle n’a encore été communiquée par les parties prenantes.
Impact attendu sur l’économie marocaine à court terme
La réouverture du détroit d’Ormuz devrait également faciliter le commerce extérieur marocain, en réduisant les coûts d’assurance maritime et les délais d’acheminement des marchandises en provenance d’Asie et du Moyen-Orient. Le Maroc importe notamment des produits raffinés, des équipements industriels et des matières premières via cette route.
La Banque centrale du Maroc, qui suit de près l’évolution des prix du pétrole, pourrait réviser à la baisse ses prévisions d’inflation si les cours se stabilisent dans les semaines à venir. Le conseil de Bank Al-Maghrib se réunira le mois prochain pour examiner les perspectives monétaires.
Prochaines étapes et vigilance des autorités de régulation
Les autorités boursières marocaines, par la voix de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), ont appelé les investisseurs à la prudence tout en saluant l’annonce de l’accord. Une surveillance renforcée des transactions a été mise en place pour prévenir d’éventuels mouvements spéculatifs excessifs.
Les négociations entre Washington et Téhéran doivent encore aboutir à un cadre diplomatique plus large, incluant des garanties sur la non-reprise des hostilités. Les marchés suivront avec attention les déclarations des deux capitales dans les prochains jours, alors que la saison des résultats semestriels des sociétés cotées débutera en juillet.
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