Le Maroc anticipe une récolte céréalière de plus de 90 millions de quintaux et poursuit le renforcement de sa souveraineté alimentaire

Le Maroc anticipe une récolte céréalière de plus de 90 millions de quintaux et poursuit le renforcement de sa souveraineté alimentaire

Le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts a annoncé, devant le Parlement, que le Maroc table sur une récolte céréalière dépassant les 90 millions de quintaux pour la campagne agricole en cours. Cette prévision, présentée dans le cadre des discussions budgétaires, intervient après une saison marquée par des conditions climatiques globalement favorables dans les principales régions de production.

Selon les données officielles, les superficies emblavées atteignent environ 5,5 millions d’hectares, dont une part significative est irriguée. Le ministre a précisé que les précipitations enregistrées depuis le début de l’automne ont permis une levée satisfaisante des cultures, notamment dans les zones de Bour et les périmètres irrigués. Cette dynamique devrait contribuer à reconstituer les stocks nationaux de céréales et à réduire la dépendance vis-à-vis des importations.

Contexte et enjeux de la souveraineté alimentaire

Cette annonce s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale « Génération Green 2020-2030 », qui vise à accroître la productivité agricole et à sécuriser l’approvisionnement du pays en denrées de base. Le royaume importe traditionnellement une part importante de ses besoins en blé tendre et en maïs, ce qui expose sa balance commerciale aux fluctuations des cours mondiaux. Une production céréalière excédentaire de 90 millions de quintaux permettrait de couvrir une plus grande part de la consommation intérieure, estimée à environ 110 millions de quintaux par an.

Le gouvernement a également mis en place un programme de stockage stratégique, comprenant la construction de nouveaux silos et le renforcement des capacités de transformation locale. Le ministre a rappelé que les importations de blé tendre ont baissé de 18 % au cours des dix derniers mois par rapport à la même période de l’année précédente, un signe de l’amélioration de l’autosuffisance.

Réactions et perspectives

Les représentants des filières céréalières ont accueilli favorablement ces prévisions, tout en appelant à une vigilance accrue face aux aléas climatiques. Les syndicats agricoles ont souligné la nécessité d’un accompagnement technique renforcé pour les petits exploitants, qui représentent la majorité des producteurs de céréales. Le ministère a indiqué que des mesures d’appui, notamment en matière d’accès aux intrants et de crédit agricole, seront maintenues jusqu’à la fin de la campagne.

Les projections officielles restent conditionnées par l’évolution des précipitations au cours des prochaines semaines. Les services météorologiques prévoient des pluies modérées sur le nord et le centre du pays, ce qui pourrait soutenir la maturation des épis. En cas de confirmation de ces prévisions, la récolte pourrait atteindre un niveau comparable aux meilleures années de la décennie, comme la campagne 2018-2019 qui avait frôlé les 100 millions de quintaux.

Le Maroc entend ainsi renforcer sa souveraineté alimentaire en réduisant sa vulnérabilité aux chocs externes, tout en modernisant ses chaînes de valeur agricoles. Les prochaines étapes incluent la publication des chiffres définitifs de production à la fin du mois de juin, ainsi que l’évaluation de l’impact des subventions aux semences et aux engrais sur le rendement des cultures.

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