Sabri : La Crise Structurelle de la Main-d’œuvre Agricole Exige une Gouvernance Collective au Maroc

Sabri : La Crise Structurelle de la Main-d’œuvre Agricole Exige une Gouvernance Collective au Maroc

La question de la main-d’œuvre dans le secteur agricole marocain est plus qu’un simple défi conjoncturel ; elle représente une crise structurelle profonde qui requiert une attention et des solutions immédiates. C’est le constat partagé lors d’une rencontre cruciale tenue récemment à Rabat, organisée par le Secrétariat d’État chargé de l’Emploi en partenariat avec l’Association Marocaine pour le Développement des Ressources Humaines dans le Secteur Agricole et de l’Agro-Industrie (AMDRHA). L’événement, intitulé « L’Agriculture du Futur : L’Humain, Moteur Essentiel du Jardinage de Demain », a mis en lumière l’urgence d’une gestion durable de la main-d’œuvre agricole au Maroc et la nécessité d’une approche collective et intégrée pour y remédier.

Hicham Sabri, Secrétaire d’État chargé de l’Emploi, a souligné l’importance vitale du secteur agricole pour l’emploi au Royaume. Il a affirmé avec force que la pénurie de travailleurs agricoles n’était pas un phénomène anodin, mais bien une problématique structurelle impactant directement la dynamique du secteur. Cette réalité se manifeste par un manque de compétitivité et des conditions de travail souvent difficiles, révélant un défaut d’attraction plutôt qu’une absence de disponibilité de la main-d’œuvre.

Comprendre la Nature Structurelle de la Crise de la Main-d’œuvre Agricole au Maroc

La vision du gouvernement, exprimée par Hicham Sabri, insiste sur l’incapacité à aborder les enjeux des ressources humaines agricoles de manière fragmentée. Une gouvernance collective, impliquant l’État, les syndicats et les partenaires nationaux et internationaux, est perçue comme la seule voie efficace. Cette approche holistique vise à harmoniser les intérêts de toutes les parties prenantes pour bâtir un cadre de travail équitable et attractif.

Un aspect fondamental de cette gouvernance est le respect scrupuleux du Code du travail. Cependant, une adaptation de certaines lois aux spécificités du secteur agricole, notamment concernant les heures de travail et les modalités de rémunération, est également jugée nécessaire pour garantir à la fois la flexibilité et la protection des droits des travailleurs.

Attractivité et Conditions Dignes : Les Leviers du Renouveau

Le Secrétaire d’État a également mis en exergue l’arrivée croissante d’investisseurs et de travailleurs d’Afrique subsaharienne qui choisissent le Maroc comme terre d’établissement, un témoignage du développement du pays sous l’impulsion des Hautes Orientations Royales. Il est impératif, selon lui, que les autorités facilitent leurs procédures de travail et les accompagnent dans leur intégration.

Pour rendre le travail agricole plus attrayant et en accord avec les standards sociaux, Hicham Sabri a insisté sur plusieurs points clés :

  • La formation et la reconnaissance des compétences : Investir dans le capital humain par des programmes de formation adaptés et la valorisation des savoir-faire.
  • L’amélioration des conditions de vie et de travail : Proposer des logements décents, des moyens de transport fiables et une stabilité de l’emploi pour les travailleurs. L’idée d’un « système de rotation » a été évoquée pour assurer jusqu’à 10 mois de travail par an, contrastant avec l’emploi saisonnier précaire.
  • Un dialogue social constructif : Mettre en place un échange permanent avec les partenaires syndicaux pour prendre en compte leurs préoccupations et aspirations.

La mise en place d’une feuille de route concrète est attendue dès la semaine prochaine, avec pour objectif de soumettre des recommandations précises à la Présidence du Gouvernement. Cette stratégie s’inspirera également des meilleures pratiques internationales, comme l’expérience du Mexique, qui a su résoudre des défis similaires il y a une décennie.

Un Engagement Collectif pour l’Avenir du Secteur

Les différents acteurs présents à la rencontre ont réaffirmé cet engagement collectif. Othmane El Qasmi, président de l’AMDRHA, a souligné que la main-d’œuvre est la ressource la plus critique pour l’avenir de l’agriculture. Il a martelé que « la solution sera collective ou ne sera pas », insistant sur l’incapacité de l’État, des entreprises ou des syndicats à trouver une solution isolément.

Abderrahmane Ghandila, membre du Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE), a rappelé les études et recommandations du Conseil pour améliorer la situation des travailleurs agricoles, notamment par la formation. Samira Erraiss, de l’Union Marocaine du Travail (UMT), a quant à elle souligné qu’« aucune stratégie nationale agricole dénuée de dimension sociale n’est vouée au succès », plaidant pour un dialogue social authentique.

En somme, la gestion durable de la main-d’œuvre agricole au Maroc passe inévitablement par une synergie d’efforts, une refonte des politiques publiques et une écoute attentive des besoins des travailleurs. C’est un chemin vers une agriculture marocaine plus résiliente et socialement équitable, un modèle de développement que Aljareeda Net Français continuera de suivre de près. Pour en savoir plus sur les principes de la bonne gouvernance, consultez la page Wikipedia dédiée.

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