Le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a annoncé lundi devant la Chambre des représentants un renforcement du dispositif d’accompagnement destiné aux travailleuses agricoles marocaines employées en Espagne. Cette annonce intervient dans un contexte de mobilisation accrue pour améliorer les conditions de travail et de séjour de ces migrantes saisonnières.
Lors d’une séance de questions orales, le ministre a précisé que le gouvernement a mis en place un mécanisme de suivi renforcé en collaboration avec les autorités espagnoles. Ce dispositif vise à garantir le respect des droits des travailleuses, notamment en matière de logement, de rémunération et d’accès aux soins de santé. Sekkouri a souligné que des équipes mobiles de l’Agence nationale de la promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC) sont déployées dans les régions agricoles espagnoles pour assurer une présence continue sur le terrain.
Un cadre juridique bilatéral amélioré
Le ministre a rappelé que le Maroc et l’Espagne ont signé en 2022 un accord-cadre régissant le recrutement et les conditions de travail des travailleurs saisonniers. Cet accord prévoit des clauses strictes sur la durée du contrat, le salaire minimum et les assurances. Sekkouri a affirmé que les deux parties s’emploient à renforcer les contrôles pour prévenir les abus et les cas de travail clandestin.
Selon les données officielles, environ 15 000 travailleuses agricoles marocaines partent chaque année en Espagne pour la saison des récoltes, principalement dans les régions de Huelva, Almería et Murcie. La majorité d’entre elles sont des femmes issues de zones rurales du Maroc, souvent chefs de famille. Le gouvernement marocain a mis en place un programme de formation préalable au départ, incluant des modules sur les droits sociaux, la sécurité au travail et les compétences linguistiques de base.
Des réactions partagées parmi les députés
Lors des débats, plusieurs parlementaires ont salué l’initiative tout en demandant des mesures plus concrètes pour lutter contre les discriminations et les retards de paiement signalés ces dernières années. Le député du Parti de l’Istiqlal, Mohamed Ait El Moudden, a interrogé le ministre sur les mécanismes de plainte accessibles aux travailleuses en cas de litige. Sekkouri a répondu que des cellules d’écoute sont opérationnelles au sein des consulats marocains en Espagne, et qu’une plateforme téléphonique dédiée sera lancée d’ici la fin de l’année.
De son côté, la députée du Parti authenticité et modernité, Fatima Ezzahra El Mansouri, a insisté sur la nécessité d’inclure une clause de retour volontaire et d’accompagnement psychologique pour les travailleuses confrontées à des situations de stress. Le ministre a confirmé que ces aspects sont en cours d’intégration dans le nouveau dispositif.
Un impact économique et social significatif
L’envoi de travailleuses saisonnières en Espagne représente une source de revenus importante pour les ménages ruraux marocains. Selon des estimations récentes, les transferts financiers de ces migrantes contribuent à hauteur de 300 millions de dirhams par an à l’économie locale. Le gouvernement considère ce programme comme un levier de développement régional, tout en cherchant à équilibrer les flux migratoires.
Le ministre Sekkouri a annoncé que des discussions sont en cours avec les autorités espagnoles pour étendre l’accord à d’autres secteurs saisonniers, comme la viticulture et la cueillette des fruits. Une évaluation trimestrielle du dispositif sera publiée à partir de 2025, afin d’ajuster les mesures en fonction des retours du terrain.
Le gouvernement prévoit de présenter un rapport d’étape devant la commission parlementaire compétente avant la fin du premier semestre 2025, avec des indicateurs précis sur le nombre de travailleuses bénéficiaires, les plaintes enregistrées et les taux de conformité des employeurs espagnols.
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