La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a lancé sa 13e région afin de renforcer les liens entre les entrepreneurs marocains du monde et le tissu économique national. L’initiative, officialisée le mois dernier, vise à intégrer durablement la diaspora marocaine dans la stratégie de développement du pays. Selon Karim Amor, président de cette nouvelle instance, l’objectif central est de passer d’une diaspora simplement sollicitée à une diaspora pleinement intégrée dans les politiques économiques du Maroc.
Un bilan encore partiel mais prometteur
Interrogé sur le bilan des premières actions, Karim Amor a indiqué que la 13e région a déjà amorcé plusieurs chantiers concrets. Elle a notamment organisé des rencontres B2B entre entrepreneurs résidant à l’étranger et acteurs locaux dans les secteurs de l’industrie, des services et des technologies. Environ 120 entreprises ont participé à ces échanges, qui ont débouché sur une trentaine de partenariats en cours de finalisation. Amor a précisé que ces résultats restent modestes mais qu’ils démontrent la pertinence du modèle régional pour capter les compétences et les capitaux de la diaspora.
Un levier pour la compétitivité et l’emploi
Selon les données fournies par la CGEM, la diaspora marocaine compte plus de cinq millions de personnes, dont une part croissante occupe des postes à haute valeur ajoutée à l’étranger. La 13e région entend faciliter leur retour temporaire ou définitif, ainsi que leurs investissements dans les régions du Maroc. Amor a souligné que cette approche doit contribuer à la compétitivité des PME locales et à la création d’emplois, en particulier dans les zones rurales et les villes secondaires. Il a également insisté sur la nécessité de lever les obstacles administratifs et fiscaux qui freinent encore l’engagement des Marocains du monde.
Une coordination avec les autorités publiques
La 13e région travaille en étroite collaboration avec le ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger et avec les directions régionales de l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC). Amor a précisé que des conventions sont en cours de signature pour simplifier les procédures de validation des diplômes et d’accès au financement. Il a également annoncé la mise en place d’une plateforme numérique dédiée, qui devrait être opérationnelle d’ici le premier trimestre 2025, pour centraliser les offres d’emploi, les opportunités d’investissement et les services d’accompagnement destinés aux membres de la diaspora.
Des défis structurels à relever
Lors de l’entretien, Karim Amor a reconnu que plusieurs défis persistent, notamment la méconnaissance des dispositifs existants par une partie de la diaspora et la faiblesse des incitations fiscales pour les investissements de taille moyenne. Il a appelé à une meilleure coordination entre les acteurs publics et privés pour offrir un guichet unique efficace aux entrepreneurs expatriés. La 13e région prévoit d’organiser des forums régionaux dans les principales villes marocaines ainsi que des missions économiques à l’étranger dès le second semestre 2025.
Sur le plan des perspectives, la CGEM entend évaluer l’impact de cette initiative à l’horizon 2026, en mesurant le nombre de projets concrétisés, le volume des investissements rapatriés et le nombre d’emplois créés directement par les entrepreneurs de la diaspora. Amor a conclu en réaffirmant que la 13e région ambitionne de devenir un modèle régional réplicable pour d’autres pays africains confrontés à des enjeux similaires de mobilisation de leurs diasporas économiques.
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