Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et le Forum africain des fonds souverains (ASIF) ont annoncé, le 11 mars 2025 à Abidjan, le renforcement de leur partenariat stratégique. Cette décision vise à accélérer le financement de projets d'infrastructures sur le continent africain, un secteur clé pour la croissance économique régionale.
L'accord a été officialisé lors d'une cérémonie au siège de la BAD en Côte d'Ivoire. Les deux institutions entendent mobiliser davantage de capitaux privés et publics pour combler le déficit d'investissement estimé à près de 130 milliards de dollars par an en Afrique. Le partenariat se concentrera sur des projets dans les transports, l'énergie, l'eau et les technologies numériques.
Selon les termes de l'accord, la BAD apportera son expertise technique et son réseau de garanties souveraines, tandis que l'ASIF mettra à disposition les ressources de ses membres, qui gèrent collectivement plus de 1 500 milliards de dollars d'actifs. Les deux parties prévoient de co-développer des instruments financiers innovants, tels que des obligations vertes et des fonds mixtes, pour réduire les risques perçus par les investisseurs.
Ce renforcement intervient dans un contexte où plusieurs pays africains, dont le Maroc, cherchent à moderniser leurs infrastructures pour soutenir leur industrialisation et leur intégration régionale. Le Maroc, qui accueille le siège de l'ASIF à Casablanca, pourrait bénéficier directement de cette initiative via des projets structurants dans les zones économiques spéciales et les corridors logistiques.
Un cadre de coopération élargi
La BAD et l'ASIF avaient déjà signé un premier protocole d'entente en 2022. Le nouvel accord étend leur coopération à des domaines comme la transition énergétique, le financement climatique et le développement des infrastructures résilientes. Les deux institutions prévoient également d'organiser des ateliers techniques annuels pour aligner leurs priorités d'investissement avec les objectifs de développement durable des Nations unies.
Le président de la BAD, Akinwumi Adesina, a souligné que ce partenariat permettra de « transformer les promesses en projets concrets ». De son côté, le secrétaire général de l'ASIF, Uche Orji, a déclaré que les fonds souverains africains sont « prêts à investir davantage dans les infrastructures locales, à condition que les cadres réglementaires soient harmonisés ».
Implications pour les économies africaines
Selon les experts, ce partenariat pourrait réduire le coût du capital pour les gouvernements et les promoteurs privés, en mutualisant les risques. L'initiative s'inscrit dans le cadre de la stratégie de la BAD intitulée « High 5 », qui vise notamment à éclairer l'Afrique et à nourrir le continent. Elle répond également aux engagements pris lors du sommet Africités de 2024 sur le financement des infrastructures urbaines.
Plusieurs analystes estiment que le Maroc, en tant que hub financier régional, pourrait jouer un rôle de catalyseur pour la mise en œuvre de ces accords. La place financière de Casablanca, déjà reconnue pour ses services bancaires et d'assurance, pourrait accueillir des structures de financement dédiées.
Les prochaines étapes incluent la finalisation d'une liste de projets prioritaires d'ici la fin du deuxième trimestre 2025, ainsi que la mise en place d'un comité de pilotage conjoint. Les deux institutions prévoient de présenter un premier bilan lors de l'assemblée annuelle de la BAD prévue en mai 2026 à Nairobi.
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