Cybersécurité : les entreprises marocaines renforcent leur maturité face à des risques inédits

Cybersécurité : les entreprises marocaines renforcent leur maturité face à des risques inédits

Rabat – La troisième édition de l’AUSIMètre, baromètre annuel de l’Association des utilisateurs des systèmes d’information au Maroc (AUSIM), révèle une progression notable de la maturité cybersécuritaire des entreprises marocaines. Présenté le 12 mars 2025 à Casablanca, ce rapport indique que 62 % des organisations interrogées ont désormais formalisé une politique de sécurité informatique, contre 48 % en 2023. Cette évolution traduit une prise de conscience accrue des enjeux numériques dans un contexte où les menaces se diversifient et s’intensifient.

Des indicateurs de maturité en hausse

Selon l’étude, 74 % des entreprises déclarent avoir nommé un responsable dédié à la cybersécurité, soit une augmentation de 14 points par rapport à l’édition précédente. Par ailleurs, 58 % ont mis en place des formations régulières pour leurs employés, contre 41 % en 2022. Le baromètre souligne également que 69 % des structures disposent d’un plan de réponse aux incidents, un chiffre en hausse de 11 points. Ces données suggèrent une professionnalisation progressive des pratiques, même si des disparités persistent entre les grandes entreprises et les PME.

Des risques nouveaux et diversifiés

L’enquête identifie pourtant une montée en puissance de risques inédits. Les attaques par rançongiciel ont touché 27 % des entreprises interrogées au cours des douze derniers mois, contre 19 % lors du précédent baromètre. Les incidents liés à l’ingénierie sociale, notamment le hameçonnage, ont augmenté de 22 %. En parallèle, 34 % des répondants signalent des tentatives de compromission de leurs infrastructures cloud, un secteur en forte expansion au Maroc. Ces chiffres indiquent que la digitalisation accélérée des activités économiques expose les organisations à des vulnérabilités nouvelles.

Des secteurs plus exposés que d’autres

Le rapport note que les secteurs financier, des télécommunications et de l’énergie restent les plus ciblés, représentant 68 % des incidents recensés. En revanche, le secteur du commerce et des services affiche une progression de 9 points dans les atteintes signalées, suggérant un élargissement des cibles. Les experts consultés attribuent cette tendance à l’adoption massive du télétravail et à l’usage croissant d’objets connectés dans les processus industriels.

Des défis structurels persistants

Malgré ces progrès, l’AUSIMètre relève plusieurs lacunes. 41 % des entreprises ne disposent pas d’un budget dédié à la cybersécurité, et 33 % n’ont pas réalisé d’audit externe au cours des trois dernières années. La pénurie de compétences spécialisées est citée par 47 % des répondants comme un frein majeur. Le baromètre insiste sur la nécessité de renforcer la coopération public-privé et de développer des formations adaptées aux besoins du marché.

Perspectives et recommandations

Les auteurs du rapport préconisent l’adoption d’une approche fondée sur la gestion continue des risques, intégrant des évaluations régulières et des simulations d’attaques. À l’horizon 2026, l’AUSIM prévoit la publication d’un guide sectoriel et l’organisation de sessions de sensibilisation à destination des PME. Les autorités marocaines, via l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), ont annoncé un renforcement des contrôles pour les infrastructures critiques. Ces mesures devraient accompagner la maturation du tissu entrepreneurial face à un paysage numérique en mutation rapide.

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