Près de trois millions de jeunes marocains toujours sans emploi, ni études, ni formation, selon Bank Al-Maghrib

Près de trois millions de jeunes marocains toujours sans emploi, ni études, ni formation, selon Bank Al-Maghrib

La reprise du marché du travail en 2025 n’a pas permis d’améliorer de manière significative la situation des jeunes au Maroc. Selon le rapport annuel de Bank Al-Maghrib, près de trois millions de jeunes âgés de 15 à 34 ans demeurent en dehors de tout emploi, études ou formation.

Ce chiffre, qui correspond à un taux de 33,4 % de la population jeune, marque une légère baisse par rapport à l’année précédente. En 2024, le nombre de jeunes dits NEET (Not in Employment, Education or Training) s’élevait à 3,2 millions, soit 35,1 % de la classe d’âge concernée.

Un chômage des jeunes qui reste structurel

La banque centrale souligne que le taux de chômage des jeunes a atteint 36,2 % en 2025, contre 37,8 % en 2024. Malgré cette amélioration marginale, le niveau reste préoccupant. Le rapport précise que le chômage touche davantage les jeunes citadins, avec un taux de 41,5 %, contre 22,3 % en milieu rural.

Par ailleurs, le sous-emploi concerne un quart des jeunes actifs occupés. Bank Al-Maghrib estime que cette situation reflète un décalage persistant entre les compétences acquises par les jeunes et les besoins du marché du travail.

Disparités régionales et de genre

L’analyse régionale montre des écarts importants. Les régions du Sud et de l’Oriental enregistrent les taux de NEET les plus élevés, dépassant 40 %. En revanche, les régions de Rabat-Salé-Kénitra et de Casablanca-Settat affichent des taux inférieurs à la moyenne nationale.

Le rapport note également des disparités de genre marquées. Parmi les jeunes femmes, 47 % sont inactives, sans emploi ni formation, contre 20 % chez les hommes. Cette inégalité s’explique en partie par des facteurs socioculturels et par un accès limité à l’emploi formel pour les femmes.

Les causes identifiées par la banque centrale

Bank Al-Maghrib attribue cette situation à plusieurs facteurs structurels. La croissance économique, bien qu’en reprise depuis 2024, n’a pas généré suffisamment d’emplois formels pour absorber les nouveaux entrants sur le marché du travail. Le rapport indique que le secteur privé formel n’a créé que 150 000 postes en 2025, insuffisants face à une demande estimée à 400 000 nouveaux emplois par an.

Par ailleurs, la formation professionnelle ne couvre que 30 % des jeunes en âge de travailler, et son adéquation avec les besoins des entreprises reste limitée. Le document cite également l’augmentation du nombre de jeunes diplômés de l’enseignement supérieur qui peinent à trouver un emploi correspondant à leur niveau de qualification.

Réactions et perspectives

Des économistes interrogés par Aljareeda.net estiment que ces chiffres appellent à une révision des politiques publiques en faveur de l’emploi des jeunes. Ils soulignent la nécessité de renforcer les programmes de formation professionnelle et de soutenir l’entrepreneuriat, en particulier dans les régions les plus touchées.

Le gouvernement a annoncé en début d’année 2025 un plan national pour l’emploi des jeunes, doté de 12 milliards de dirhams. Ce plan prévoit notamment des aides à l’embauche, des stages subventionnés et un soutien à la création d’entreprises. Sa mise en œuvre devrait s’étendre jusqu’en 2027.

Bank Al-Maghrib recommande, dans son rapport, de renforcer le lien entre le système éducatif et le marché du travail. Elle suggère également d’améliorer l’accès des jeunes à l’information sur les opportunités professionnelles et de simplifier les démarches administratives pour les créateurs d’entreprise.

Le prochain rapport annuel de la banque centrale, prévu pour juin 2026, permettra d’évaluer l’impact des mesures mises en place. D’ici là, la situation des jeunes NEET reste un défi central pour le développement économique et social du Maroc.

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