Le Maroc affiche une progression notable dans la production d’électricité renouvelable

Le Maroc affiche une progression notable dans la production d’électricité renouvelable

Rabat. De nouvelles données publiées par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena) indiquent que le Maroc a produit 24,5 % de son électricité à partir de sources renouvelables. Ce chiffre, qui concerne l’année 2023, a été communiqué dans le dernier rapport statistique de l’agence basée à Abou Dhabi.

Une part en hausse dans le mix électrique national

Selon le document d’Irena, la capacité installée totale d’énergies renouvelables au Maroc a atteint 4 727 mégawatts (MW) à la fin de l’année dernière. Cette capacité se répartit principalement entre l’énergie éolienne (1 556 MW), l’énergie solaire (906 MW) et l’hydroélectricité (2 265 MW).

La part des énergies renouvelables dans la production électrique totale du royaume est ainsi passée de 22,3 % en 2022 à 24,5 % en 2023. Cette augmentation reflète la mise en service progressive de nouveaux parcs éoliens et solaires, notamment dans les régions de Tarfaya et de Ouarzazate.

Objectifs nationaux et engagements internationaux

Le Maroc s’est fixé pour objectif d’atteindre 52 % de sa capacité électrique installée à partir de sources renouvelables d’ici 2030. Dans le cadre de ce plan, le gouvernement a lancé plusieurs projets, dont le complexe solaire Noor Midelt et des extensions des parcs éoliens de Taza et de Boujdour.

Les données d’Irena confirment que le royaume reste l’un des leaders africains dans le domaine des énergies propres, derrière l’Afrique du Sud et l’Égypte. Toutefois, la production effective d’électricité renouvelable reste inférieure à la capacité installée en raison de l’intermittence des sources solaire et éolienne.

Implications pour le secteur énergétique

Cette progression a des retombées directes sur la facture énergétique du Maroc, qui importe encore plus de 90 % de ses besoins en combustibles fossiles. Chaque point de pourcentage gagné par les renouvelables réduit la dépendance aux hydrocarbures importés et améliore la balance commerciale.

Par ailleurs, le développement des énergies renouvelables soutient la stratégie nationale de décarbonation de l’industrie et des infrastructures, notamment dans les secteurs du dessalement de l’eau et de la production d’engrais verts.

Défis techniques et financiers

Malgré ces avancées, le pays doit relever plusieurs défis pour accélérer la transition énergétique. Le stockage de l’électricité produite par les sources intermittentes constitue un enjeu technique majeur. Des investissements dans les batteries et le pompage turbinage sont en cours d’évaluation par l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE).

Sur le plan financier, le coût des projets renouvelables reste élevé, bien que les prix des panneaux solaires et des éoliennes aient chuté de près de 40 % au cours de la dernière décennie. Des partenariats public-privé et des financements internationaux, notamment via la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, sont mobilisés pour soutenir les nouveaux projets.

Réactions des acteurs du secteur

Des responsables de l’Agence marocaine pour l’énergie durable (Masen) ont salué ces chiffres, y voyant la preuve de l’efficacité de la stratégie énergétique nationale. Ils ont rappelé que plusieurs projets en construction, comme le parc éolien de Koudia Al Baida (800 MW), devraient entrer en service d’ici 2026.

De son côté, la Fédération de l’énergie renouvelable au Maroc (FERM) a appelé à simplifier les procédures administratives pour les projets privés de petite et moyenne taille, estimant que le potentiel solaire et éolien du pays reste sous-exploité.

Perspectives pour les prochaines années

D’après les projections de l’ONEE, la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité devrait dépasser 30 % d’ici 2025, grâce à la mise en service de nouveaux parcs et à l’amélioration du réseau de transport. Le gouvernement prévoit également de lancer un appel d’offres pour 1 000 MW de capacité solaire avant la fin de 2024.

Ces développements devraient rapprocher le Maroc de son objectif de 52 % de capacité installée renouvelable en 2030, tout en renforçant sa position de hub énergétique régional, notamment pour l’exportation d’électricité verte vers l’Europe via les câbles sous-marins en projet.

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