Rabat – L’indice des prix à la consommation (IPC) a enregistré une hausse de 0,3% en glissement annuel au mois de juin, contre 1,2% le mois précédent, selon les données publiées par le Haut-Commissariat au Plan (HCP). Ce ralentissement marque un net recul de la pression inflationniste observée depuis plusieurs mois dans le royaume.
Cette évolution résulte principalement d’une augmentation de 2,3% des prix des produits alimentaires, un rythme moins soutenu qu’en mai où cette catégorie avait progressé de 3,8%. Les prix des produits non alimentaires, pour leur part, ont affiché une hausse plus modeste de 0,1% sur un an.
Les causes du ralentissement
Le HCP attribue cette décélération à un effet de base favorable et à une stabilisation des cours mondiaux des matières premières, notamment des céréales et des huiles alimentaires. Les prix des carburants ont également contribué à ce recul, avec une baisse de 1,5% par rapport à juin de l’année précédente.
Sur le plan mensuel, l’IPC a diminué de 0,2% entre mai et juin, une première baisse après plusieurs mois de hausse. Cette contraction est liée à la saisonnalité des produits frais, dont les prix ont reculé de 1,8% grâce à une meilleure offre sur les marchés locaux.
Impact sur les ménages marocains
Pour les observateurs économiques, ce ralentissement offre un répit aux ménages marocains, dont le pouvoir d’achat avait été fortement affecté par l’inflation persistante depuis fin 2022. L’inflation sous-jacente, qui exclut les prix volatils des produits frais et de l’énergie, s’est établie à 1,1% en juin, contre 1,9% en mai.
Les économistes soulignent que cette tendance devrait se confirmer dans les mois à venir, soutenue par des politiques monétaires restrictives mises en œuvre par Bank Al-Maghrib. La banque centrale avait relevé son taux directeur à 3% en juin, un niveau historiquement élevé, pour juguler les pressions inflationnistes.
Comparaison régionale et perspectives
Au niveau régional, les disparités persistent. Les villes de Casablanca, Rabat et Marrakech enregistrent des taux d’inflation inférieurs à la moyenne nationale, tandis que les centres ruraux connaissent des hausses plus marquées, notamment sur les produits alimentaires de base.
Le gouvernement prévoit que l’inflation globale pour l’année 2023 devrait se situer autour de 2,5%, contre 3,9% en 2022. Les autorités misent sur une normalisation des marchés mondiaux et une amélioration de la production agricole nationale pour maintenir la tendance baissière.
Selon le Fonds monétaire international, le Maroc devrait bénéficier d’une inflation moyenne de 3,1% en 2024, bien en dessous des pics atteints dans plusieurs pays de la région. L’évolution dépendra toutefois des conditions climatiques et de la stabilité des chaînes d’approvisionnement internationales.
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