En 2024, la région de Drâa-Tafilalet a connu une évolution contrastée de son tissu entrepreneurial, marquée par un ralentissement significatif des créations d’entreprises mais une augmentation notable de la richesse produite par les unités existantes, selon des données officielles publiées par l’Observatoire régional de l’emploi et de la formation.
Baisse des créations, hausse de la valeur ajoutée
Le nombre de nouvelles entreprises immatriculées dans la région a reculé de 12,4 % par rapport à l’année précédente, pour atteindre 1 245 unités. Ce repli contraste avec la croissance observée au niveau national sur la même période.
Parallèlement, la valeur ajoutée brute dégagée par l’ensemble des entreprises régionales a progressé de 8,7 %, atteignant 4,2 milliards de dirhams. Ce double mouvement suggère une concentration accrue de l’activité économique sur des structures plus matures et plus performantes.
Les secteurs moteurs de la croissance
Le secteur agricole, pilier traditionnel de l’économie locale, a enregistré une hausse de 6,2 % de sa production, tirée par une meilleure valorisation des produits du terroir comme les dattes et les olives. Le tourisme, second contributeur, a vu son chiffre d’affaires augmenter de 11,3 %, porté par une fréquentation en hausse dans les provinces d’Errachidia et de Tinghir.
En revanche, le secteur de la construction a subi une contraction de 5,1 %, affecté par le ralentissement des projets publics et privés. Les services aux entreprises et le commerce de détail ont également affiché une stabilité relative, sans dynamique de création notable.
Disparités territoriales et défis structurels
Les écarts entre les provinces se creusent. Errachidia concentre 41 % des nouvelles immatriculations et 53 % de la valeur ajoutée totale, tandis que les provinces de Zagora et Midelt peinent à attirer les investissements. Les observateurs locaux soulignent que les difficultés d’accès au foncier et au financement freinent encore l’émergence de nouvelles entreprises, en particulier dans les zones rurales.
Par ailleurs, le taux de survie des entreprises à trois ans stagne à 62 %, un niveau jugé insuffisant par les analystes, qui appellent à un renforcement des dispositifs d’accompagnement et de mentorat.
Perspectives pour 2025
Les autorités régionales prévoient de lancer, au premier semestre 2026, un programme de soutien à l’entreprenariat jeune, doté de 50 millions de dirhams, visant à faciliter la création d’entreprises innovantes. Parallèlement, la mise en place d’une plateforme numérique unique pour les formalités administratives est attendue pour le deuxième trimestre 2026, dans le but de réduire les délais d’immatriculation de 30 %.
Ces mesures, combinées aux investissements en cours dans les infrastructures hydriques et touristiques, pourraient inverser la tendance à la baisse des créations tout en consolidant les gains de productivité observés en 2024.
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