Législatives 2026 : 17 listes en lice à Mohammédia, un scrutin indécis

Législatives 2026 : 17 listes en lice à Mohammédia, un scrutin indécis

À l’approche des élections législatives de 2026, la circonscription de Mohammédia s’annonce comme l’un des principaux champs de bataille électoraux du Royaume. Dix-sept listes ont officiellement annoncé leur participation à la date du lundi 24 août, un chiffre qui pourrait encore évoluer avant la clôture des candidatures. Ce nombre élevé de prétendants reflète une compétition particulièrement ouverte dans une circonscription qui a connu d’importants bouleversements lors des deux derniers scrutins.

Le scrutin du 8 septembre 2021 avait consacré le Rassemblement national des indépendants (RNI) comme première force politique locale, avec 24.401 voix. Le Parti de l’Istiqlal avait suivi avec 14.498 suffrages, devant le Parti authenticité et modernité (PAM) crédité de 8.605 voix. L’Union socialiste des forces populaires (USFP) avait recueilli 5.121 voix, tandis que le Parti de la justice et du développement (PJD) et l’Union constitutionnelle avaient obtenu respectivement 2.638 et 2.469 voix. Cette configuration avait permis au RNI, à l’Istiqlal et au PAM de se partager les trois sièges de la circonscription, portés respectivement par Hicham Ait Menna, Said Tadlaoui et Tahar Bimezzagh.

Cette répartition contrastait fortement avec celle issue des élections de 2016, lorsque le PJD, le Mouvement populaire et le PAM avaient chacun remporté un siège. En 2016, le PJD était arrivé en tête avec 27.835 voix, suivi du Mouvement populaire avec 14.592 suffrages et du PAM avec 11.029 voix. L’USFP avait obtenu 5.198 voix, l’Istiqlal 2.083 et la Fédération de la gauche démocratique 1.538. Les élus de l’époque étaient Saad Dine El Otmani pour le PJD, Said Tadlaoui pour le Mouvement populaire et Tahar Bimezzagh pour le PAM.

Des rapports de force profondément modifiés

La comparaison entre 2016 et 2021 fait apparaître des évolutions majeures. Le PJD a perdu 19.230 voix entre les deux scrutins, ce qui lui a coûté son siège. Le Mouvement populaire a également connu un net recul et a perdu sa représentation parlementaire. À l’inverse, l’Istiqlal a vu son score passer de 2.083 voix en 2016 à 14.498 en 2021, une progression qui lui a permis de décrocher un mandat. Le RNI, absent du trio de tête en 2016, a fait une entrée en force en 2021 en remportant la première place avec plus de 24.000 suffrages.

Les candidatures déclarées pour 2026

Les candidatures déjà annoncées dessinent une compétition élargie. Le RNI a renouvelé sa confiance à Hicham Ait Menna, député sortant de Mohammédia, pour conduire sa liste. Le PAM présente Mohamed Amine El Aatouani, pressenti pour succéder à Tahar Bimezzagh. L’Istiqlal mise à nouveau sur Said Tadlaoui pour défendre le siège obtenu en 2021. L’USFP a désigné Mehdi Mezouari, tandis que le Parti du progrès et du socialisme (PPS) présente Adil Benbrahim. La Fédération de la gauche démocratique a choisi Hassan El Yamani et le PJD Tahami El Mohammadi.

Les autres formations en lice comprennent l’Union constitutionnelle avec Ahmed Chmouti, le Mouvement populaire avec Mustapha El Houari, le Parti marocain libre avec Souheil Maher, le Parti des Verts marocain avec El Ghazi Khamouri, le Parti démocratique national avec Ayoub El Assoul, et le Parti de l’équité avec Ayoub Mekhmach. La liste comprend également Oussama Taita pour le Parti des démocrates néo-marocains, Fahd Rachak pour le Parti de l’espoir et Yassine Moujane pour le Parti de la Renaissance et de la Vertu. Zouhair Qasmi se présente sur une liste indépendante.

Plusieurs scénarios pour trois sièges

Les résultats passés montrent qu’aucun parti ne peut être considéré comme installé durablement dans cette circonscription. Le PJD est passé d’un siège en 2016 à aucune représentation en 2021. L’Istiqlal, sixième en 2016, a réussi à se hisser à la deuxième place quatre ans plus tard. Le RNI, absent du trio de tête en 2016, a pris la première place lors du scrutin suivant. Les changements de têtes de listes pour 2026 ajoutent une incertitude supplémentaire, certains candidats ayant changé d’affiliation ou se présentant sous de nouvelles étiquettes.

Dans ce contexte, la répartition des trois sièges de Mohammédia apparaît particulièrement indécise. Les précédents scrutins ne fournissent pas de tendance suffisamment nette pour établir des pronostics fiables. La clôture officielle des candidatures est attendue dans les prochains jours, ce qui pourrait encore modifier le paysage électoral local. Les électeurs de la circonscription seront appelés aux urnes pour départager une offre politique fragmentée, où la volatilité électorale semble être la seule constante depuis deux cycles électoraux.

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