Législatives 2026 : le PAM détaille ses propositions pour la santé et l’éducation

Législatives 2026 : le PAM détaille ses propositions pour la santé et l’éducation

À l’approche des élections législatives de 2026, le Parti Authenticité et Modernité (PAM) a présenté son programme électoral, plaçant la refondation des services publics au centre de ses priorités. Le parti propose une série de mesures dans les secteurs de la santé et de l’éducation, visant à améliorer la qualité des prestations, à réduire les inégalités territoriales et à renforcer l’égalité des chances.

Un « hôpital public compétitif » au cœur du projet de santé

Dans son « Pacte de citoyenneté », le PAM défend l’objectif de construire un « hôpital public compétitif ». Le parti estime que l’extension de la couverture sanitaire de base, qui bénéficie aujourd’hui à près de 32 millions de personnes contre 14 millions en 2021, n’a pas été accompagnée d’un renforcement suffisant du système public de santé. Cette situation aurait favorisé un recours croissant des citoyens aux établissements privés.

Pour inverser cette tendance, le PAM promet d’améliorer l’accès effectif aux soins et de renforcer la prise en charge de la santé maternelle et infantile. Le programme prévoit notamment d’assurer, à l’échelle nationale, une permanence médicale spécialisée 24 heures sur 24 dans les services de gynécologie-obstétrique. Il fixe également comme objectifs l’atteinte d’une couverture sanitaire de 100 % et l’extension du maillage hospitalier.

Le parti propose, dans cette perspective, de réorienter les médecins du secteur public vers l’exercice au sein du service public, tout en appliquant pleinement le nouveau statut de la fonction sanitaire, en particulier dans son volet relatif aux rémunérations. Il entend également interdire aux cliniques privées de recourir à des praticiens exerçant à plein temps dans le public, à l’exception de contrats à durée déterminée, transparents et officiellement déclarés.

Des investissements ciblés dans les infrastructures hospitalières

Sur le plan des investissements, le PAM s’engage à achever avant la fin de l’année 2028 la construction de quatre nouveaux centres hospitaliers universitaires régionaux à Béni Mellal, Guelmim, Errachidia et Casablanca. Ce chantier s’accompagnerait de la modernisation de 1.600 centres de santé de proximité ainsi que de 90 hôpitaux régionaux et provinciaux.

Assurer la viabilité de l’assurance maladie obligatoire

Le programme consacre par ailleurs un volet important à la viabilité du régime d’assurance maladie obligatoire. Face à ce que le parti décrit comme des déséquilibres financiers menaçant sa pérennité, il prévoit l’élaboration, dès la loi de finances 2027, d’un plan destiné à garantir la durabilité de la couverture sanitaire de base.

Cette réforme passerait notamment par une maîtrise accrue des dépenses médicales, grâce à une révision du prix public de vente des médicaments, à la généralisation de protocoles thérapeutiques obligatoires et à l’accélération de la mise en œuvre du dossier médical partagé. Le PAM propose également un encadrement plus strict du recours aux césariennes, avec l’objectif de faire reculer progressivement leur taux de 68 % à 25 %.

Le parti entend parallèlement renforcer les ressources des régimes d’assurance à travers une révision des taux et plafonds de cotisation, tout en conditionnant certaines aides publiques à la régularité des contributions. Une mesure présentée comme nécessaire pour résorber un déficit qui pourrait atteindre, selon ses estimations, 33 milliards de dirhams avant 2030.

L’école publique comme levier de mobilité sociale

Dans le domaine de l’éducation, le PAM affiche sa volonté de redonner à l’école publique sa place de principal vecteur d’égalité des chances et d’ascension sociale. Le parti défend une école capable de rivaliser au sein du système éducatif tout en assurant le développement harmonieux de l’enfant, tant sur le plan de la santé que des apprentissages et des compétences.

Parmi les mesures avancées figure la généralisation de l’enseignement préscolaire dès l’âge de quatre ans. Le programme prévoit également un début des cours à 9 heures du matin, l’extension du transport scolaire dans les zones rurales, la généralisation de la restauration scolaire dans les territoires les plus vulnérables ainsi que la mise en place de dépistages réguliers des troubles auditifs et visuels chez les élèves.

Le PAM propose en outre de consacrer vingt minutes quotidiennes à la lecture et de définir un socle minimal de connaissances que tous les enfants devraient maîtriser jusqu’à l’âge de 15 ans. À cela s’ajoute l’instauration de trois heures d’éducation physique dans les cycles primaire et collégial.

Renforcer l’orientation et la formation professionnelle

La formation entend également renforcer les dispositifs d’orientation et de formation. Elle promet la création de parcours d’excellence professionnelle dans les lycées et plaide pour une réorganisation de l’enseignement supérieur autour de trois ensembles distincts : un pôle d’excellence à vocation internationale centré sur les sciences et les technologies, un pôle technique et professionnel répondant aux besoins du tissu économique et social, ainsi qu’un système de passerelles permettant les mobilités entre les deux filières.

Améliorer les conditions de travail des personnels

Enfin, le programme met l’accent sur les conditions de travail des personnels de l’éducation et de la formation. Le PAM souhaite faire du dialogue social un instrument permanent de gouvernance du secteur, à travers un agenda de concertation stabilisé aux niveaux central et régional, destiné à traiter de manière continue les préoccupations des acteurs.

Le parti prévoit de détailler ces propositions lors de sa campagne électorale, qui s’annonce marquée par les débats sur la refonte des services publics.

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