L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a annoncé dimanche que plus de 85 000 personnes ont été déplacées au Yémen depuis le début du mois de septembre, tandis que plus de 2 000 personnes ont fui les combats par la mer vers Djibouti.
Cette annonce intervient alors que les affrontements entre les rebelles houthis et les forces gouvernementales s’intensifient sur la côte ouest et dans le sud de Taëz.
Ampleur des déplacements internes
Selon la Matrice de suivi des déplacements de l’OIM, 85 818 personnes ont été déplacées au Yémen, dont 82 164 depuis le début du mois.
La province de Taëz concentre l’essentiel des déplacements, avec 9 280 ménages, soit près de 56 000 personnes, ayant fui plusieurs districts, notamment Jabal Habashy, Al Ma’afer, Maqbanah, Mawza et Al Wazi’iyah.
Lahj arrive ensuite, avec 3 225 ménages déplacés, soit plus de 19 000 personnes, principalement dans le district d’Al-Mudharibah.
À Al Hodeidah, 1 374 ménages, représentant plus de 8 000 personnes, ont été déplacés, principalement depuis Hays, tandis qu’Aden a enregistré 424 ménages déplacés, soit plus de 2 500 personnes.
Exode vers Djibouti
Face à l’intensification des combats, plus de 2 000 Yéménites ont gagné les côtes du nord de Djibouti, débarquant en plusieurs points près d’Obock.
Les autorités djiboutiennes ont mobilisé la marine, l’armée, la police et les services de santé, avec l’appui de l’OIM et de partenaires de l’ONU.
De nombreuses femmes et de jeunes enfants figurent parmi les arrivants, transférés vers le site de Markazi, à Obock, où ils reçoivent notamment de l’eau, des biscuits énergétiques et des repas chauds.
Appel à la communauté internationale
« Derrière chaque chiffre se trouve une famille qui a tout perdu », a déclaré la directrice générale de l’OIM, Amy Pope, en appelant les donateurs à accroître leur soutien à Djibouti et aux communautés d’Obock qui accueillent les nouveaux arrivants.
L’agence onusienne avertit que davantage de personnes pourraient encore fuir le Yémen si les combats continuent de s’intensifier.
À l’intérieur du pays, certaines familles ont déjà été déplacées à plusieurs reprises au cours des douze années de conflit, parfois pour la deuxième ou troisième fois, avec très peu de ressources.
Entraves à l’accès humanitaire
Les combats rendent par ailleurs certaines routes impraticables et les perturbations des communications compliquent l’accès humanitaire et l’évaluation des besoins.
L’OIM appelle toutes les parties à garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave et à protéger les civils, les travailleurs humanitaires ainsi que les véhicules, fournitures et infrastructures nécessaires à l’aide.
La situation reste volatile et imprévisible, selon l’organisation, qui poursuit le suivi des déplacements et de l’évolution des hostilités.
L’OIM et ses partenaires humanitaires continuent de surveiller la situation et de fournir une assistance aux populations déplacées, tandis que les appels à la cessation des hostilités se multiplient pour permettre un accès humanitaire durable.
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