Le secteur forestier marocain s’apprête à lancer un nouveau chantier stratégique de grande envergure. Ce projet s’inscrit dans le cadre de l’opérationnalisation de la stratégie « Forêts du Maroc 2020-2030 », et bénéficie d’un soutien financier conjoint de l’Union européenne et de la Banque européenne d’investissement. L’initiative vise à renforcer la gestion durable des écosystèmes forestiers du royaume, un enjeu crucial pour la préservation de la biodiversité, la lutte contre les changements climatiques et le développement socio-économique des zones rurales.
Le programme, dont les détails techniques et financiers ont été finalisés récemment, représente un investissement substantiel dans le capital naturel du pays. Il traduit une volonté de concrétiser les objectifs ambitieux fixés par la feuille de route gouvernementale pour la décennie en cours. Cette feuille de route identifie la forêt comme un pilier essentiel du développement durable national.
Un cadre stratégique pour une gestion renouvelée
La stratégie « Forêts du Maroc 2020-2030 » constitue le document directeur de cette transformation. Elle a été élaborée pour répondre aux défis multiples auxquels sont confrontés les espaces forestiers marocains, notamment la pression anthropique, la dégradation des sols et les effets du changement climatique. Son approche est intégrée, cherchant à équilibrer les fonctions écologiques, économiques et sociales de la forêt.
L’appui de l’Union européenne et de la Banque européenne d’investissement se matérialise par un financement qui permettra de mettre en œuvre des actions prioritaires sur le terrain. Ce partenariat international souligne l’importance reconnue aux efforts du Maroc en matière de protection de l’environnement et d’économie verte. Il s’aligne également sur les engagements internationaux du royaume en matière climatique.
Objectifs et domaines d’intervention
Les fonds alloués seront destinés à plusieurs axes de travail clairement identifiés. La restauration et la conservation des écosystèmes forestiers dégradés figurent parmi les priorités absolues. Cela comprend des actions de reboisement, de lutte contre l’érosion et de protection des bassins versants.
Parallèlement, le programme vise à améliorer la valorisation économique des produits forestiers ligneux et non ligneux, dans une optique de durabilité. Le développement de filières génératrices de revenus pour les populations locales, comme l’écotourisme ou l’arboriculture, est également prévu. L’accent sera mis sur la participation des communautés riveraines des forêts à leur gestion, un facteur clé de succès pour la pérennité des actions.
Le renforcement des capacités des acteurs institutionnels et la modernisation des systèmes de surveillance et de gestion des forêts par des technologies appropriées font aussi partie du périmètre du projet. Ces éléments sont essentiels pour une gouvernance efficace et transparente des ressources.
Un impact attendu sur plusieurs fronts
Les retombées anticipées de ce programme sont multidimensionnelles. Sur le plan environnemental, il contribuera à augmenter la résilience des paysages face aux aléas climatiques, à préserver la diversité biologique et à séquestrer du carbone. Économiquement, il doit permettre de créer des opportunités d’emplois verts et de dynamiser les économies locales dans des régions souvent enclavées.
Socialement, l’implication des populations vise à améliorer leurs conditions de vie tout en les responsabilisant dans la protection d’un patrimoine commun. Cette approche cherche à transformer la perception de la forêt d’une simple source de revenus de subsistance en un capital à fructifier et à transmettre.
La mise en œuvre de ce programme nécessitera une coordination étroite entre le département des Eaux et Forêts, les collectivités territoriales concernées, les partenaires techniques et financiers, et la société civile. Des mécanismes de suivi et d’évaluation seront mis en place pour mesurer les progrès accomplis par rapport aux indicateurs définis.
Les prochaines étapes concernent le lancement opérationnel des premières actions sur le terrain, qui devrait intervenir après la finalisation des procédures administratives et contractuelles. Le calendrier de déploiement s’étalera sur plusieurs années, conformément à la temporalité de la stratégie nationale. Les autorités marocaines et leurs partenaires européens procéderont à des revues régulières pour assurer l’adéquation des actions avec les objectifs fixés et pour ajuster les modalités si nécessaire.
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