Les adouls annoncent une grève ouverte à partir du 13 avril, contestant le projet de loi 16.22

Les adouls annoncent une grève ouverte à partir du 13 avril, contestant le projet de loi 16.22

Les adouls du Maroc ont annoncé le passage à une grève ouverte et une suspension totale de leurs activités à compter du lundi 13 avril 2026. Cette décision, prise par le bureau exécutif de l’Instance nationale de la profession réuni à Rabat le 3 avril, marque une escalade dans le conflit les opposant au ministère de la Justice au sujet du projet de loi n°16.22 encadrant leur profession. Le mouvement de protestation, engagé depuis plusieurs semaines, se durcit en raison d’un blocage persistant dans les négociations et du rejet d’un texte jugé non concerté.

Les raisons d’une radicalisation

Dans un communiqué, l’Instance nationale de la profession des adouls justifie cette radicalisation par l’absence d’évolution dans ses échanges avec le ministère de la Justice. Elle dénonce un manque de concertation autour du projet de loi et le fait que ses propositions et amendements n’ont pas été pris en compte. L’Instance réaffirme son rejet catégorique du texte dans sa version actuelle.

Les critiques des adouls portent également sur le fond du projet de loi 16.22. Ils estiment que certaines dispositions ne reflètent pas les réalités de leur pratique quotidienne et risquent d’affaiblir leur rôle traditionnel dans l’authentification des actes et la sécurisation des transactions juridiques. Des mécanismes jugés trop contraignants et un déséquilibre dans l’organisation du champ juridique sont pointés du doigt. Pour la profession, la réforme proposée ne garantit ni la cohérence du système ni une évolution adaptée du métier.

Un calendrier de protestation qui s’intensifie

Cette grève ouverte s’inscrit dans la continuité d’un calendrier de mobilisation déjà bien entamé. Une première grève de deux jours avait été observée les 18 et 19 février, suivie d’un arrêt national du 2 au 10 mars. Le mouvement avait ensuite été prolongé du 18 mars jusqu’au début du mois d’avril. Une mobilisation devant le Parlement, le 2 avril, avait également rassemblé une forte participation selon les représentants de la profession.

En parallèle de la suspension de leurs services dans tous les tribunaux du Royaume, les adouls prévoient d’organiser un sit-in national devant le Parlement le 13 avril, jour du déclenchement de la grève ouverte. L’objectif affiché est de forcer l’ouverture d’un dialogue qualifié de « sérieux, responsable et productif » avec les autorités concernées.

Conséquences et revendications

La profession appelle au retrait ou au gel pur et simple du projet de loi 16.22. Elle insiste sur la spécificité et la sensibilité de son secteur, soulignant qu’une réforme ne peut être envisagée sans une approche participative intégrant les réalités du terrain. L’Instance estime que la responsabilité des perturbations à venir dans de nombreuses démarches administratives et juridiques, conséquences prévisibles de l’arrêt des services, incombe à l’absence de volonté de dialogue de la part du ministère.

Consciente de l’impact de cette suspension, la profession annonce la tenue d’une conférence de presse dans les prochains jours. Cet événement aura pour but de détailler les prochaines étapes de la mobilisation et de préciser la stratégie adoptée face à l’impasse actuelle.

La suite des événements dépendra de la réponse des autorités à cette nouvelle phase de contestation. L’attention se porte désormais sur la possibilité d’une reprise des discussions ou, à l’inverse, sur une prolongation du conflit qui affecterait durablement le fonctionnement de plusieurs services juridiques et administratifs au Maroc.

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