Dialogue social au Maroc : la CDT exprime son profond mécontentement face aux conclusions gouvernementales

Dialogue social au Maroc : la CDT exprime son profond mécontentement face aux conclusions gouvernementales

La Confédération démocratique du travail (CDT) a exprimé, à l’issue de la dernière session du dialogue social, un vif mécontentement et dénonce des engagements non respectés de la part du gouvernement. Les déclarations syndicales, formulées en amont du 1er mai, mettent en lumière un profond désaccord sur les réponses apportées aux revendications salariales et sociales, dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie.

Younes Firachine, vice-secrétaire général de la centrale, a fait part d’une « vive colère » et d’un « profond mécontentement ». Il a estimé que l’attitude du gouvernement n’avait pas été globalement positive, notamment sur la question de l’augmentation des salaires jugée impossible dans le contexte actuel. Pour le syndicat, cette position équivaut à ne pas tenir les promesses faites lors de cette instance de concertation.

Un fossé entre discours et réalité

La CDT accuse l’exécutif de se dérober à ses responsabilités sociales face à l’effondrement du pouvoir d’achat. Elle considère que les conclusions du dialogue révèlent un écart important entre le discours officiel sur l’État social et la réalité vécue par les Marocains. Le syndicat parle d’un « mépris des souffrances de la classe ouvrière, des salariés, des retraités et de larges franges de la population ».

Younes Firachine a souligné, dans une déclaration à Hespress, que la détérioration du pouvoir d’achat n’était pas seulement imputable à la conjoncture internationale. Il a pointé du doigt des pratiques de spéculation, de monopole et d’abus qui, selon lui, aggravent la situation. Il a insisté sur la nécessité pour le gouvernement de respecter tous ses engagements antérieurs, qu’ils soient centraux ou sectoriels, avant la fin de son mandat.

Des priorités syndicales non satisfaites

La CDT affirme être entrée dans le dialogue social avec trois priorités majeures : l’amélioration des revenus face à la vie chère, l’allègement fiscal pour les salariés, et la mise en œuvre des engagements antérieurs assortie de la garantie des libertés syndicales. Le responsable syndical a jugé que les résultats obtenus n’étaient en aucun cas à la hauteur des attentes et n’apportaient pas de réponses suffisantes aux revendications essentielles.

De son côté, Halima El Arabi, membre du bureau exécutif de la CDT, a précisé que le gouvernement avait présenté son bilan, mettant en avant des mesures de soutien pour certaines catégories comme les chauffeurs et les agriculteurs. Elle a rétorqué que le syndicat avait répondu avec des chiffres reflétant la situation réelle, arguant que le contexte national, marqué par de récentes précipitations, aurait dû permettre de répondre à plusieurs demandes, notamment l’augmentation des salaires.

Elle a également critiqué le mode d’interaction du gouvernement durant la session, le qualifiant d’évitant, avec des réponses peu claires et la répétition de promesses antérieures, sans aborder de front les questions centrales comme l’amélioration des revenus et des pensions de retraite.

Vers une mobilisation renforcée

À l’approche de la fête du Travail du 1er mai, la CDT a annoncé qu’elle assumerait pleinement sa responsabilité dans la lutte pour défendre les droits et revendications légitimes. Elle a indiqué que la célébration de cette année serait une étape de protestation, reflétant la colère des travailleurs et des citoyens.

La centrale syndicale a promis de poursuivre sa mobilisation contre la vie chère, pour l’augmentation des salaires, l’amélioration des pensions, la protection des libertés syndicales et le respect des engagements. Elle réclame l’instauration d’un dialogue social qu’elle qualifie de réel et responsable.

Les prochaines semaines, marquées par les préparatifs des manifestations du 1er mai, devraient voir la cristallisation de ce mouvement de protestation. L’attention se portera sur les formes que prendra cette mobilisation annoncée et sur les éventuelles réactions ou initiatives de la part des autres partenaires sociaux et du gouvernement pour apaiser les tensions.

Commentaires (0)

Laissez votre commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.