Cartes agricoles : le processus relancé pour sanctuariser le foncier à Béni Mellal-Khénifra

Cartes agricoles : le processus relancé pour sanctuariser le foncier à Béni Mellal-Khénifra

Le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts a officiellement relancé le processus d’établissement des Cartes agricoles régionales. Cette initiative concerne désormais la région de Béni Mellal-Khénifra, dans le cadre d’une stratégie nationale visant à protéger les terres agricoles contre la pression urbaine et les changements d’affectation non contrôlés.

L’opération, supervisée par le Département de l’Agriculture, consiste à délimiter et à cartographier avec précision les périmètres agricoles à préserver de manière prioritaire. L’objectif déclaré est de sanctuariser le foncier agricole productif, garantissant ainsi la sécurité alimentaire et la pérennité de l’activité agricole dans cette région à fort potentiel.

Un cadre juridique pour la protection des terres

Ce projet s’inscrit dans l’application des dispositions de la loi 12-90 relative à l’urbanisme et de la loi 39-08 sur le développement durable des espaces agricoles et pastoraux. Les Cartes agricoles, une fois adoptées, ont une valeur juridique contraignante. Elles déterminent les zones où l’activité agricole doit être maintenue et protégée, limitant strictement toute conversion à des fins urbaines ou industrielles sans autorisation spécifique.

La région Béni Mellal-Khénifra, réputée pour ses productions d’agrumes, d’oliviers et de cultures maraîchères, fait face à des pressions similaires à celles d’autres territoires marocains. L’étalement urbain, le morcellement des exploitations et la spéculation foncière menacent la durabilité du secteur agricole, pilier de l’économie locale.

Une méthodologie participative

Le processus d’élaboration de la Carte agricole régionale suit une méthodologie établie. Elle implique plusieurs étapes, depuis les études techniques préliminaires jusqu’à l’adoption formelle par décret. Les travaux techniques combinent analyse des sols, évaluation du potentiel agronomique, étude des systèmes de production et examen des documents d’urbanisme existants.

Les autorités indiquent que la concertation avec les acteurs locaux est un élément central de la démarche. Les représentants des collectivités territoriales, des chambres d’agriculture, des organisations professionnelles et de la société civile sont associés aux différentes phases. Cette consultation vise à prendre en compte les réalités du terrain et à assurer une adhésion large au projet de préservation.

La finalisation de la carte pour Béni Mellal-Khénifra interviendra après cette phase de diagnostic partagé et de validation technique. Le document cartographique détaillera les différentes catégories de terres : zones agricoles à haute valeur à protéger intégralement, zones mixtes où un développement contrôlé est possible, et zones non agricoles.

Antécédents et extension nationale

La relance du processus dans la région de Béni Mellal-Khénifra fait suite à des expériences similaires menées dans d’autres territoires du Royaume. Plusieurs régions ont déjà vu leurs Cartes agricoles approuvées ou sont en phase avancée d’élaboration. Cette politique sectorielle progressive répond à une préoccupation nationale de longue date concernant la consommation anarchique des terres fertiles.

Les observateurs du secteur notent que la sanctuarisation du foncier agricole est un prérequis essentiel pour la modernisation de l’agriculture marocaine. Elle offre un cadre sécurisé pour les investissements à long terme, l’installation des jeunes agriculteurs et la mise en œuvre de projets d’agrégation ou d’irrigation.

La protection juridique des terres les plus productives est également perçue comme un outil de lutte contre la fragmentation des exploitations. Elle contribue à maintenir une taille critique des unités de production, nécessaire pour améliorer la compétitivité et la résilience face aux aléas climatiques et économiques.

La réussite de cette politique dépendra en grande partie de la rigueur de son application sur le terrain et de la coordination effective entre les services du ministère de l’Agriculture, les autorités locales en charge de l’urbanisme, et les instances de contrôle.

Les prochaines étapes pour la région Béni Mellal-Khénifra consistent à finaliser les études de diagnostic, à organiser les réunions de concertation avec les parties prenantes, et à soumettre le projet de carte à l’examen des commissions techniques compétentes. Un calendrier précis pour l’aboutissement de cette procédure n’a pas été communiqué, mais le ministère a affirmé sa volonté d’accélérer le déploiement de cet outil sur l’ensemble du territoire national dans les prochaines années.

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